parution 01 septembre 2007  éditeur Casterman  collection Ligne rouge
 Public ado / adulte  Thème Thriller, Policier

Le tueur T6

Modus vivendi

Pour sa sortie de retraite, le tueur doit flinguer une nonne. Mais pourquoi donc ? Il est pourtant peu judicieux de trainer… Nouveau cycle surprise d’un polar noir – culte ! – toujours aussi percutant.


Le tueur T6 : Modus vivendi (0), bd chez Casterman de Matz, Jacamon
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Casterman édition 2007

L'histoire :

Une vie de vacances sous le soleil des tropiques, ça va un temps. Le tueur a des fourmis dans les doigts, et plus précisément au bout de celui qui appuie sur la gâchette. Après de 4 ans de retraite anticipée, il flanche et accepte de nouveaux des contrats, de temps en temps, au coup par coup. Pour une rapidité d’exécution accrue, ses nouveaux commanditaires lui mâchent le travail, d’autant plus que son nouveau terrain de jeu reste en Amérique latine. Au Mexique, un courtier spécialisé dans les marchés pétroliers : bang. Au Venezuela, un banquier sur un scooter : couic. La troisième victime, en revanche, lui pose comme un problème de conscience. En effet, Madre Luisa est une religieuse adorée et encensée par la population, la madone des bidonvilles. Le problème ne vient ni du sexe, ni même de sa conviction religieuse. Le problème vient de l’incohérente demande d’abattre une personne qui n’a visiblement jamais fait le moindre mal à autrui. Parrain et Mariano lui apprennent alors qu’elle est la sœur du ministre vénézuélien du pétrole, ceci expliquant certainement cela… Le tueur est alors sur le point d’exécuter ce contrat – celui-ci ou un autre, après tout, quelle importance ? – lorsqu’il découvre ses commanditaires assassinés. A-t-il trop tardé ? Serait-il devenu lui aussi un témoin gênant, sur la liste de plus gros bonnets ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Chic, en voilà une bonne surprise ! On ne l’attendait pas vraiment, ce retour du Tueur ! On le croyait retraité à tout jamais, au sein des (bonnes) collections de BD. Les qualités du premier cycle ont remporté une telle adhésion du public, que les auteurs n’ont sans doute pas su résister à l’aventure (et à un nouveau succès commercial assuré). Tout d’abord, bonne nouvelle : Matz n’a rien perdu de sa verve narrative, et il semble avoir encore moult choses à dire sur le sujet. On renoue donc avec jubilation avec les monologues intérieurs, par l’entremise desquels ce tueur en série dénué de scrupules nous délivre ses états de conscience. Désabusé, cynique, le tueur (il n’a jamais eu d’autre nom) se considère comme un rouage lambda d’une humanité de toute façon pourrie jusqu’à la moelle. En revanche, qu’il s’agisse de laisser son nom dans l’histoire comme le flingueur de mère Theresa, lui pose un problème éthique ! (raahh c’est jouissif). Bercée par le ronron des voix-off, la mise en scène et en images de Luc Jacamon n’a rien perdu de sa superbe non plus. C’est toujours efficace et splendide. Sur un trait et un découpage parfaitement maîtrisés, une signature graphique très personnelle et aisément identifiable, Jacamon fait un rendu idéal des mouvements et des distances (de l’usage du macro-plans pour renforcer l’intensité). L’artiste, qui effectue lui-même sa mise en couleur (informatique), y gagnerait peut-être à moins stigmatiser la moiteur mate des tropiques (les peaux sont bistres, les planches subissent en permanence comme un voile ocre-glauque). Mais c’est un détail insignifiant au regard des qualités d’ensemble de l’œuvre… à suivre dans un prochain volet (chic chic chic !)

voir la fiche officielle ISBN 9782203001817