parution 01 novembre 2009  éditeur Casterman  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale, Historique, Sentimental

Magasin général T5

Montréal

Ça jase à Notre-Dame-des-Lacs : Marie s’est égarée le temps d’une galipette dans les bras de Marceau. Pour fuir l’opprobre elle prend la direction de Montréal et laisse le village se débrouiller de son magasin. Toujours aussi bon et beau.


 Magasin général T5 : Montréal (0), bd chez Casterman de Loisel, Tripp
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Casterman édition 2009

L'histoire :

Notre-Dame-des-Lacs donne l’impression d’une marmite dont le couvercle se soulève sous l’assaut de gros bouillons. Pensez donc : Clara vient d’apprendre que le Marceau Allaire, son chum, à qui elle a promis sa main, a couché avec la Marie Ducharme, la patronne du Magasin Général. Gifles, vociférations, pleurs ne suffisent pas à faire oublier ce moment d’égarement. D’autant plus que, prêtre en tête, tout le monde ne tarde pas à s’y mettre et à jouer du reproche ou des gros yeux. C’est qu’au village, ces derniers mois, entre le décès brutal du commerçant principal, l’ouverture d’un restaurant haut de gamme et la découverte de l’homosexualité de l’un de leur concitoyen, la communauté est devenue experte dans l’art d’encaisser le choc à tout va. Cette fois, néanmoins, c’est bien trop grave : ils ne pardonneront pas. Alors lorsque tous se retrouvent au cimetière pour un dernier hommage à Louise qui vient de s’éteindre, Marie ne supporte pas les dos qui se tournent et en particulier celui d’Adèle, sa meilleure amie. Aussi, le soir même, elle décide de faire ses valises et d’emmener avec elle Jacinthe loin et n’importe où. Serge, qui est toujours de bons conseils, lui suggère Montréal en lui tendant les clefs de la maison qu’il y possède…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

C’est un peu Noël avant l’heure : le temps venu pour Régis Loisel et Jean-Louis Tripp de nous faire le cadeau d’un nouvel épisode de leur fabuleuse saga à accent québécois, chaleur humaine et génialissime dessin. Ce 5e opus est au tempo de ses ainés : 76 pages d’un autre temps, lentement contées pour une chronique sociale dans laquelle l’humanité, pour une fois débarrassée de ses salauds, se taille la part du lion. Alors les grincheux et les jaloux abimeront cordes vocales ou crayons à regretter que le récit bannisse surprises, actions, rebondissements (quoique chaque fin d’opus nous offre un petit cliffhanger savamment amené)… Mais tant pis pour eux si les scénaristes ne font pas l’effort de nous révéler que le père de Marie est un farfadet ou que Serge est un agent dormant de la planète Zébulon 32, on s’en moque éperdument : on se contentera de cette leçon de vie. Une dans laquelle ceux que l’on aime meurt, où les garçons peuvent aimer d’autres garçons, où dans un moment d’égarement, on laisse les pulsions dominer et où l’on fait plein d’erreurs au risque de décevoir ou de blesser. A nouveau découpé avec soin et maestria, ce chapitre fait la démonstration des conséquences du « réagir à chaud » : glisser dans les bras d’un gaillard sans réfléchir ou mettre au ban l’un des siens en faisant fi de son amitié provoquent des effets qu’on n’attendait pas. Ses remous permettront, en tout cas, à Marie de découvrir Montréal (ce ne seront cependant pour nous que quelques planches simplement rythmées par la voix-off touchante et nostalgique de l’époux décédé de Marie), tandis qu’au village, ses concitoyens se prendront les pieds dans leur intransigeance. Graphiquement, tout a déjà été dit sur cette magistrale partition à 4 mains. Choisissons uniquement de dire combien nous trouvons cela simplement beau et pétri de sensibilité. A savourer en attendant le prochain cadeau.