parution 19 février 2014  éditeur Delcourt  Public ado / adulte  Mots clés Historique

La Vision de Bacchus

Sous la Renaissance vénitienne, le peintre Giorgio de Castelfranco tente de réaliser ce que son maître Antonello de Messine avait réussi avant lui : insuffler la vie dans un dernier tableau. Une fascinante réflexion historique et artistique…


La Vision de Bacchus, bd chez Delcourt de Dytar
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  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Delcourt édition 2014

L'histoire :

1510, à Venise. Le maître Bellini vient d'apprendre qu'un de ses anciens disciples, le peintre Giorgio de Castelfranco, atteint par la peste, est sur le point de mourir. Ce dernier lui confie sa tentative de transcender le réel dans un tableau, comme avait su le faire avant lui son maître Antonello de Messine. 35 ans plus tôt, Monsieur Antonello de Messine vient d'arriver à Venise où il rencontre le maître Bellini. Tous deux sont à la recherche de « l'effet de présence ». Dans un milieu artistique en pleine effervescence, Antonello et Bellini finissent par devenir rivaux. Après qu'Antonello de Messine s'est vu proposer d'être peintre de la cour chez le duché de Milan, Giovanni Bellini parvient à découvrir les secrets de la peinture à l'huile de ce dernier. C'est alors qu'Antonello rencontre le banquier Filippo Barbarelli qui lui propose d'immortaliser la beauté de sa jeune épouse. Mais le peintre et son sujet finissent par devenir amants. Cette liaison va perturber leurs relations. Au cours d'une déambulation, Antonello parvient au port où l'on décharge des sculptures grecques. C'est en écoutant une conversation sur l'origine mythologique de ces statues qu'il reçoit La Vision de Bacchus...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

A travers l'histoire d’Antonello de Messine, Jean Tydar s'interroge sur l'importance accordée aux images pendant la Renaissance italienne. En effet, Antonello, à travers la peinture d'une belle et jeune femme, va tenter d'atteindre une perfection au-delà du réel, en insufflant le sentiment de présence, de vie, à son tableau. Pour mener à bien cette réflexion, l'auteur utilise ici plusieurs techniques mêlant la vie des artistes à la représentation de leurs œuvres. Il nous montre dans un premier temps l'envers du décor en dévoilant quelques techniques picturales de l'époque, comme les secrets de la peinture à l'huile ou encore l'utilisation de miroirs et de lentilles par les peintres. On retrouve ensuite différents tableaux incrustés dans l’œuvre, ce qui renforce l'effet de réel. D'ailleurs, c'est à partir de la représentation de croquis du célèbre portrait d'homme Le Condottière que le personnage s'interroge sur l'art de représenter la vie à travers la peinture du réel. Enfin, au moyen de jeux de miroirs, les cases semblent imiter les portraits et autres tableaux de cette période flamande. Tydar privilégie ainsi la perspective florentine et les jeux d'ombres et de lumières, comme dans cette célèbre peinture de Saint Jérôme dans son cabinet d'étude d'Antonello de Messine. A travers le prisme des cases, l'auteur renverse et complète notre perception de l'art. Les portraits prennent vie au fil du temps qui passe, tandis qu'à la vie de l'artiste, succède l'histoire de son chef d’œuvre, La Vénus endormie. En associant le sacré et le profane, l'instant et l'éternité, le réel et la fiction, Tydar nous invite donc dans ce très bel ouvrage à méditer sur les liens étroits entre l'art et la technique, mais aussi sur le rapport intrinsèque entre la représentation d'un idéal de beauté et la vie réelle, chers à l'humanisme de la Renaissance.

voir la fiche officielle ISBN 9782756023335