parution 24 janvier 2018  éditeur Glénat  Public ado / adulte  Thème Anticipation

La Tomate

Anne fait face à son tribunal. Ce qu'elle a fait est très grave : elle a fait pousser un plan de tomates. Un one shot futuriste et désenchanté sur la déshumanisation de la société.


La Tomate, bd chez Glénat de Reboul, Penet
  • Notre note Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Glénat édition 2018

L'histoire :

Un box des accusés n'aura jamais aussi bien porté son nom. Anne Bréjinski est dans une espèce de boîte en verre. Elle est face à ses juges, le regard un peu perdu dans le vide. Elle ne sait pas trop par où commencer. Ça a finalement débuté par une journée très normale. Elle avait une intervention à faire dans un quartier du troisième cercle. La société est divisée en cercles, ceux qui font partie du 3ème sont les citoyens de 3ème zone. Elle, fait partie du 2ème cercle, celle des fonctionnaires, semble-t-il. Elle est chargée de récupérer des objets à « retrancher ». Ce sont des objets qui viennent du monde d'avant, ce jour-là, dont un livre avec des illustrations. Elle rassure les gens qui habitent dans une espèce de case ouverte, sans porte. Ce n'est pas dangereux. Mais elle l'emporte pour le détruire. Un petit sachet en tombe. Des graines de tomates. Elle ne sait pas pourquoi ni comment, en rentrant chez elle, elle détruit sans l'ombre d'une hésitation le livre, mais pas le sachet. Ça lui semblait... naturel, de le garder. Ses juges sont furieux. Aurait-elle donc agi sciemment ? En toute connaissance de cause ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Régis Penet est un auteur prolifique, qui aime changer de style et se mettre en danger. Il aime tester, notamment ici avec Anne-Laure Reboul, au côté de laquelle il travaille en ce moment sur un autre projet. Le duo nous livre ici un monde inquiétant, qui renvoie tout de suite à Farenheit 451 de Ray Bradbury. C'est ce que l'on appelle une dystopie, l'inverse d'une utopie. Aseptisé, carré, épuré, c'est un futur où tous les symboles de l'ancien temps, livres et Tour Eiffel compris, doivent disparaître. Où les humains sont régulièrement égalisés, retranchés. Penet choisit alors un trait extrêmement droit, anguleux, où tout ce qui n'est pas humain est froid, où les couleurs sont livrées au compte-goutte. Où l'héroïne elle-même ne parvient pas à retirer de la joie de sa transgression naturaliste. C'est un objet parfaitement abouti, où la forme et le fond, histoire et dessins, sont à l'unisson et se répondent. Pour autant, le lecteur souffre à entrer dans l'histoire. La faute à une héroïne absente et désincarnée. La faute aussi à un scénario plat et rectiligne, un peu trop démonstratif, pas assez romanesque. On sort du livre avec le sentiment d'être passé à côté de quelque chose, triste que l'appréhension qui saisit le lecteur dans les premières pages s'évanouisse pour laisser place à une espèce de curiosité polie. C'est rageant, au vu du magnifique engagement réciproque des coauteurs. Ce sera forcément mieux la prochaine fois.

voir la fiche officielle ISBN 9782344015919