parution 18 juin 2009  éditeur Futuropolis  Public ado / adulte  Thème Humour, Chronique sociale Graphic Novel

Brooklyn dreams

Entre une mère juive hypocondriaque, un père italien colérique, la littérature et l’usage de drogues à gogo : la vie de Vincent Carl Santini à Brooklyn au début des seventies. Un pavé comics d’une étonnante fluidité.


Brooklyn dreams, comics chez Futuropolis de Dematteis, Barr
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star

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  • dessin Blue Star Blue Star Grey Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Futuropolis édition 2009

L'histoire :

La quarantaine sonnée, Vincent Carl Santini, comme pour refaire le parcours psychanalytique qu’il a suivi ces dernières années, choisit de conter un moment clef de son existence : l’été 70, celui qui précéda sa fameuse année de Terminale. A l’époque, Vincent Carl a 16 ans. Il aime s’assoir sur les marches de son immeuble, le « Pilgrim Court », pour bouquiner. Il fait bon grandir à Midwood, un quartier de Brooklyn, même par grosse canicule comme c’est le cas au terme de ce mois d’août qui n’en finit pas. Les vacances ont été ennuyeuses, rythmées par quelques cours imposés et la prise régulière de toutes sortes de drogues qui passe à sa portée. Ce jour-là, pourtant, débarque dans la vie de l’adolescent, Bilbo, un chien pouilleux dont le regard saisit le jeune homme immédiatement. Lui qui a pourtant toujours eu une peur bleue des chiens… A la maison, l’animal n’est pas forcément le bienvenu. Le jeune homme craint en effet une nouvelle crise familiale, comme celle qui, quelques temps auparavant, a conduit son père à le chasser du domicile en prétendant qu’il n’était pas son fils, mais le rejeton d’un junkie lubrique et libidineux (un de ses oncles). Il faut dire qu’avec une mère juive qui passe ses journées à se gaver de nicotine et de Coca en se grattant les bras au sang, et un père italien plus proche de King Kong que du tendre papounet, notre ami a fort à faire pour surnager… Quelques jours plus tard, il faut se résoudre à accompagner le chien dans un refuge. Bilbo restera désormais cette petite conscience qui accompagnera Vincent sur les routes compliquées de l’adolescence. Celles où on altère sa conscience à coup d’herbe, de speed ou de mescaline, pour oublier qu’on a peur de la mort et encore plus certainement de vivre.

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Publié il y a 15 ans outre atlantique, le récit pseudo (?) autobiographique de J.M DeMatteis débarque via les éditions Futuropolis, pour le plus grand bonheur de ceux qui aiment que le 9e art leur tripatouille le cervelet. Loin de consacrer ces quelques 390 pages à un exercice purement intello-masturbatoire, le scénariste nous promène dans son année de terminale avec une incroyable fluidité, via une narration jubilatoire et parfaitement maitrisée. De digressions savoureuses qui empruntent les mécanismes chers aux spécialistes du divan, en anecdotes familiales croustillantes ou petites leçons de philo distillées par un homme qui se connaît sur le bout du soi : tout se déglutit avec une incroyable facilité. On est balloté, sans ménagement, de flashbacks en verbiages, sans jamais perdre le fil de la narration. Cette année de Vincent Carl Santini, c’est celle où il prend conscience, tout simplement. Aidé par l’abus de substances psycho-actives en tous genres, par une famille caricaturale à souhait, par la littérature et l’amour évidemment, il mesure enfin qui il est. C’est tellement bien fait qu’on s’agrippe sans douleur à cette introspection nombriliste, sans s’ennuyer une seconde. Le graphisme de Glenn Barr facilite également la prise en main de ce pavé. On adore ces manières de changer de style, d’utiliser une palette subtile de cadrages pour rythmer avec intelligence, dérision ou intimité du propos en une fluidité idoine à la narration. Une belle leçon, en tout cas, qui nous démontre que plus que le sujet, c’est surtout la manière de le traiter qui rend – ou non – un récit convaincant.

voir la fiche officielle ISBN 9782754802130