L'histoire :
Trois bandits masqués font irruption dans une banque au temps du far-west. Ceci est un hold-up. Le soldat à l’entrée est assommé d’une belle mandale, le guichetier aussi. Le chien-chien à sa mémère qui devient agressif se prend deux balles. Un des clients a un sourire narquois qui énerve le bandit en chef. Avant qu’il ait eu le temps de s’excuser, un mauvais réflexe de gâchette lui offre à lui aussi une balle dans le crâne. Les bandits repartent avec des sacoches pleines de billets. Le shérif qui débarque un peu tard se fait lui aussi dégommer d’un coup de carabine. Réunis au saloon, les citoyens de la ville veulent d’organiser pour rattraper les bandits et récupérer leur argent. Mais l’adjoint du shérif est un incapable… Un homme dans la foule se propose pour devenir le nouveau shérif – il ne risque pas grand-chose, car tout le monde l’ignore, mais il est le bandit qui a dévalisé la banque. Ce Kentucky T. McBride a beaucoup d’assurance et il impose le respect d’un simple regard. Son unique problème, c’est qu’il hait tous les animaux et mélange les expressions populaires qui les convoquent. Il se met aussitôt « sur la piste » des bandits, en compagnie de deux abrutis du village. Il fait croire qu’il est un super pisteur et « trouve » le repère de ses acolytes. Voilà une bonne occasion de les flinguer pour garder le magot pour lui seul et revenir à la ville en héros (mais sans l’argent)…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Un trio de figures caractéristiques au sein d’un western où il est question de butin d’une banque pillée, de règlements de compte et de duels au soleil… Jusqu’à la couverture de ce one shot et du découpage chapitré qui présente tour à tour les personnages, ces éléments classiques rappellent quelque peu le film culte de Sergio Leone Le bon, la brute et le truand. Néanmoins, pour la tonalité précise de ce one-shot de 115 planches, le scénariste Philippe Pelaez lorgne plutôt du côté des westerns spaghettis avec Bud Spencer et Terence Hill, car l’histoire est franchement rocambolesque et le ton goguenard. Ce pastiche met en scène un bandit vraiment enfoiré, qui déteste les animaux et doit cependant composer avec une chèvre qui vaut un million de dollar ; mais aussi une pétroleuse chasseuse de primes appelée Dolorès ; un nain bavard Cleveland ; et un molosse affamé. Aucun ne prend le dessus sur les autres et chacun se fait des coups retors, accumulant les victimes et croisant d’autres personnages improbables – dont des révolutionnaires mexicains, des piètres cow-boys et des chinois adaptes de karaté et de sabres. Le dessin débridé de Sébastien Corbet se fond à merveille avec ce ton drolatique et bourré de références, qui joue avec les codes du genre sans jamais être prévisible. Guns & fun !