L'histoire :
Adolescent, Roméo Paril s’en va passer quelques jours de vacances sur la planète de glace Seiren, normalement interdite aux touristes. Mais son père est géologue en mission, ce qui lui donne un droit d’accès exceptionnel. Or, alors qu’il transite par le spatioport de Bluetown sur la lune Laïna, il passe devant un curieux hublot holographique et panoramique : le paysage désertique se mue pendant quelques secondes en luxuriante forêt pleine de plantes. Curieux ! Il l’ignore, mais ce qu’il vient de voir est une information cachée capitale. D’ailleurs, les autorités qui gèrent l’exploitation minière de Seiren cryptent aussitôt les données compromettantes de son « cube » (l’avenir des smartphones). Et pour être certain que le secret ne se dévoile pas, ils organisent un « accident » de sa capsule de transfert. Quelques heures plus tard, alors qu’il survole Seiren, Roméo doit poser sa capsule de transfert. Car à chaque levé et coucher des soleils, le « chant des glace » des ondes désactive tous les composants électroniques pendant 17 minutes. Roméo en profite pour enfiler sa combinaison thermorégulatrice et aller observer le phénomène sur un petit promontoire extérieur, à pied. C’est pile dans ce laps de temps qu’une petite navette bombarde directement sa capsule ! En panique, Roméo se retrouve donc seul, à pied, sans autre matériel que son cube sans batterie, à la surface d’une planète désertique dont les températures glaciales sont extrêmes…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cette aventure de science-fiction jeunesse et autonome se présente dans un étonnant grand format cartonné – comparativement aux petits fascicules souples de la collection BD Kids de Bayard. Il faut dire que la scénariste Anne Rivière a prévu un récit à grand spectacle, aux décors et aux actions riches, pour les crayons appliqués et détaillés de la dessinatrice italienne Gabriele Barsotti. Cette histoire pourrait fort bien être adaptée en film d’animation grand public, d’accès évidemment jeunesse. Emmenés par un jeune héros attachant, le propos et les thématiques ne sont certes pas vraiment originaux : de fourbes industriels miniers manipulent pour leur profit et exploitent une main d’œuvre robotiques ; des robots esclaves accèdent à une forme de conscience très anthropomorphe et… de revendications sociales ! Il y a aussi quelques grosses ficelles manichéennes et pétouilles narratives. Par exemple : si les composants électroniques sont désamorcés pendant les 17 mn des crépuscules et aurores, comment une navette peut-elle venir en bombarder une autre dans ce laps de temps ? Mais dans l’ensemble, tout est efficacement exploité, dialogué et déroulé. Les personnages sont expressifs, la dynamique de thriller d’action est haletante, le découpage est séquencé avec rythme, s’appuyant sur des panoramas enchanteurs, des explosions, des bases high-tech, des créatures flippantes, de nombreuses scènes d’action et de vils complots machiavéliques. Une sacrée belle aventure jeunesse.