L'histoire :
Emmi s’interroge sur sa sexualité. Elle continue à sortir avec des garçons, mais elle doute de plus en plus de son réel désir, sentant une attirance de plus en plus évidente vers les femmes. A l'inverse, elle ressent de plus en plus un dégoût pour le sexe opposé. Au fur et à mesure, et bien que cela soit confus, elle va faire un choix, essayant tant bien que mal de trouver un équilibre dans son chemin de construction personnel.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Emmi Valve a été remarquée en France avec la traduction de son roman graphique Armo (2017) traduit chez Ça et là en 2021. Abordant déjà une thématique forte – la dépression – avec un style graphique coloré, plutôt bleu-gris, au feutre et à l'aquarelle, presque « organique ». On retrouve ici cette patte, avec une colorisation mettant davantage en avant le magenta, les verts, le violet, mais cette fois pour évoquer ses sensations corporelles et sentimentales. Utilisant le parallèle entomologique de la genèse du coléoptère, montrée sur deux pages en vis à vis – évoluant à quatre reprises au sein de l'ouvrage – l'autrice compare ainsi sa lente compréhension et transformation personnelle, l'amenant à accepter finalement pleinement son identité féminine propre. C'est un marqueur fort, rythmant le reste des pages magnifiquement aquarellées, contenant une quantité restreinte de dialogues. Un style graphiquement lâché et assumé, mais beau, bien en phase avec la nouvelle génération. Emmi Valve joue sur les sensations, la valeur des mots, et son feu intérieur s'exprime justement en diverses couleurs, étrangement douces et maîtrisées. Un pamphlet poétique sur l'acceptation de soi. Un feu apaisé finalement, représenté par ses deux portraits conclusifs, sereins.