L'histoire :
Gui, jardinier municipal acariâtre et râleur, mène une vie de bohème dans la petite bourgade de Monmignon-sur-Seine. Il passe ses journées à travailler au parc municipal dans un climat de détente absolu partagé entre les pauses et la fumette. Nadine, sa responsable, a bien du mal à la remettre dans le sens du travail. Il passe le reste du temps dans son épave de voiture, dans laquelle il rêve d’une autre vie en fumant des pétards. Il sort aussi avec la fille de son proprio, Hortensia, un moyen habile pour se faire entretenir. Lors d'une journée de travail au parc, sa responsable lui demande d’aller déchardonner l’aire de jeux, afin d’y mettre de nouvelles plantes. Gui n’a pas trop envie de le faire, mais il se met en branle. Le temps de s’organiser pour trouver la binette, puis de revenir à l’aire de jeux, la journée est bien avancée. La surprise est totale quand il découvre que quelqu’un a fait le boulot à sa place. Nadine, sa responsable, n’en revient pas et le félicite. Un peu plus tard, Gui se pose sur un banc pour feuilleter un livre sur le jardinage, quand il fait la connaissance impromptue d’une fille. Elle lui avoue qu’elle l’observe depuis longtemps car elle adorerait faire son métier de jardinier…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
L’autrice complète Emilie Gleason nous entraine dans un récit surprenant. Elle raconte la vie de Gui, jardinier municipal fumiste, borderline et jemenfoutiste, qui fait la connaissance d’une jeune fille au nom étrange, Hôchitl, qu’il surnomme bichette. De cette relation amicale va naître dans un premier temps un changement de vie dans le quotidien de Gui. Cette complicité qu’il entretient avec elle va lui permettre d’enfin réaliser certains de ses rêves ou du moins lui faire aborder la vie sous un autre angle. Cependant, au fil des pages, cette relation surprenante se délite... au point de devenir angoissante pour les deux. Cette fille est-elle vraiment ce qu’elle parait être ? Une espèce de dépendance affective bouleverse leurs vies réciproques au point de les mettre en marge de la société. Ce microcosme dans lequel s’enferme Gui avec cette jeune femme et ses colocs flirte avec les frontières de la violence et de la folie. Pour illustrer ce récit, Emilie use d’un graphisme caricatural, avec des trombines de personnages marquées et marquantes. Elle joue d’illusions graphiques pour amener son récit vers un dénouement aussi inattendu que finalement prévisible, si on sait lire entre les lignes.