L'histoire :
En 1857, Jules est adolescent, fils du vétérinaire de Belfort et bouc émissaire des autres gamins de son âge, en raison de son physique : il est roux et prognathe, avec le nez en trompette. A l’église, le prêtre affirme que le diable a semé des mauvaises graines au sein de l’humanité. Le mal-être de Jules, son mauvais karma, le convainc qu’il en fait partie. Un jour, il pénètre dans le parc d’un château, pour observer les « bons » fils du royaume. Il grimpe par-dessus la haute muraille de la propriété et va jusqu’à pénétrer dans le château par une fenêtre du premier étage laissée entrouverte. Il se trouve visiblement dans la chambre d’une jeune femme… et celle-ci rentre justement de la messe. Jules se cache derrière un rideau et espionne son comportement dépressif. La jeune femme pleure et prend un révolver dans un tiroir. Elle dénude sa poitrine et se tire une balle en plein cœur. Jules accourt, mais c’est trop tard. Il assiste à son agonie lorsque les membres de la famille les trouvent. Tout accuse Jules d’être l’assassin. Il est emprisonné en attendant d’être majeur, pour être guillotiné. Quatre ans plus tard, le directeur de la prison de la petite roquette lui propose un marché : s’il s’engage au sein des bataillons armés disciplinaires, il s’offre une nouvelle vie, faite de voyages et d’aventures. Jules n’est pas stupide, il signe. En mai 1862, il combat au sein des forces impériales françaises au Mexique…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Ce roman graphique en one-shot met en scène un anti-héros en proie à bien des tribulations à travers le monde, dans la seconde moitié du XIXe siècle. C’est l’histoire de l’alsacien d’origine Jules, un « pauv’type » faussement accusé de meurtre à l’adolescence et donc promis à la peine de mort. Paradoxalement, c’est en donnant la mort qu’il acquiert sa rédemption et trouve sa voie : il se retrouve engagé dans les forces françaises du Mexique, puis au Japon, en proie à moult guerres sous l’ère Meiji. Il trouve l’amour, il voyage, il combat, il espionne, il vend un secret industriel à l’ennemi, il se retrouve une nouvelle fois condamné, il s’évade… Tout à la fois, il reste toujours libre, mais aussi beaucoup trimballé par les évènements, victime de circonstances qui le dépassent. En somme, il traverse son destin en le violant, mais il reste un être sensible qui s’interroge sans cesse sur le sens de cette vie souvent tragique. Autant empreint de lyrisme que de violence, ce scénario signé Martin Quenehen s’accompagne du dessin d’Antoine Cossé, techniquement composé d’un trait fin stylisé et d’une colorisation au lavis et à la peinture.