L'histoire :
L'apache Woan (voir Golden West) a été banni de son clan pour n'avoir pas pu empêcher un ours de tuer son frère imprudent. Après l’épisode dramatique de l'ours, Woan continue sa marche et rencontre les Comanches qui lui refusent de reprendre son cheval mustang échappé. Sa route croise un petit groupe apache fuyant sa réserve, dont Petal, jeune femme mutilée au nez. Mariée à Quanah, chef Comanche qui lui a fait subir cela, et souhaitant fuir avec les siens, elle les accompagne dans une « longue marche », sous la traque de l'autre tribu. Les Comanches étant très de redoutables et cruels cavaliers et guerriers, les Apaches doivent faire preuve de ruse et de magie chamanique pour échapper à l'étau ennemi qui semble se refermer inexorablement. La longue marche est émaillée d'escarmouches plus ou moins violentes et de tueries isolées entre les deux clans, sans qu'ils se rencontrent vraiment. Le groupe Apache accepte avec bienveillance le renfort de Woan et montre de la compassion, sinon plus, pour Petal. Mais Woan doute de son utilité parmi ce clan et songe à le quitter...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cet album porte sur le parcours de l’apache Woan avant qu'il rejoigne les siens, à la fin de Golden West. Christian Rossi avait réussi à surprendre avec ce premier western aux couleurs acryliques évocatrices, hardies et puissantes. Fort de son succès critique et public, il récidive mais d’une façon encore plus élaborée, aux cases très précises même en lorsqu’elle sont de taille réduite avec des points de vue nombreux. Plus encore que dans le précédent album, on perçoit le rôle central de la nature au sein de laquelle sont pleinement intégrés les indiens et leurs lois. Rossi fait ainsi la part belle aux paysages, aux animaux… L’auteur raconte les évènements de façon « mystique », au sens de l’inévitable, du destin. Cette histoire singulière se déroule uniquement entre indiens. Très rarement, des blancs sont aperçus : un trappeur, des traqueurs d’Indiens… Les guerres indiennes entre tribus sont finalement un sujet peu traité en BD et même mal connu en général. Dans cette longue histoire de 120 pages, l’auteur imprime un tempo spécial et varie selon les épisodes racontés. Sa vision des Indiens et leur sens du temps, de la Nature et ses éléments, est belle et émouvante. Encore un coup de maître Rossi.