L'histoire :
Michèle Standjofski et Charles Berberian sont amis de longue date. Michèle vit à Beyrouth et Charles à Paris. Le 17 octobre 2024, si c’est le Black Friday en France, c’est l’horreur au Proche-Orient. Dans son atelier parisien, Charles se demande comment va son amie. Il décide de l’appeler pour prendre de ses nouvelles. Pour Michèle, c’est compliqué, le monde devient fou. Charles lui propose de se lancer dans une correspondance en bandes dessinées où ils raconteront ce qu’ils voient. Michèle commence par relater le quotidien au Liban et l’horreur de la guerre. Charles, quant à lui, restitue ce qui est retranscrit par les chaînes de télévision et notamment les discours des personnes influentes de ce monde. Les deux artistes veulent raconter ce qu’ils vivent ou ressentent au milieu d’un chaos d’une violence incroyable.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Charles Berberian, qui a passé une partie de sa jeunesse au Liban, est angoissé par les tragiques événements qui secouent le Proche-Orient. A Paris, passé le temps de la sidération, il éprouvera le sentiment d’être un spectateur impuissant face à un conflit cauchemardesque où sont tués d’innombrables innocents. Avec son amie Michèle Strandjofski qui vit le conflit de l’intérieur, ils entament une correspondance en BD. Ils échangent sur la situation actuelle avec des scènes de guerre, mais mêlent également des souvenirs d’un pays plus apaisé avec des paysages de rêve. Berberian rencontre également Fouad Elkoury, un photographe qui suit depuis les années 1970 la situation au Proche Orient et apporte un regard pertinent. C’est un récit politiquement très engagé où les auteurs expriment leur colère à l’égard des responsables de cette ignoble guerre. Sans défendre les actes odieux du Hezbollah, les deux artistes dénoncent les horreurs de la politique de Netanyahou et de ses soutiens. Ce récit à quatre mains est graphiquement éclectique et mélange des styles et des ambiances variés tout en demeurant très cohérent.