L'histoire :
Victor Frankenstein est un jeune homme à qui la vie sourit : sa famille se porte bien, il vient de trouver l’amour et sa vie de scientifique ne peut pas aller mieux. Il manque tout de même quelque chose à Victor, une réponse à une question qu’il se pose depuis longtemps : est-il possible de créer la vie à partir de presque rien ? C’est avec cette idée folle que Victor commence à réunir des morceaux de cadavres pour composer un corps, plus grand, plus fort et unique. Mais une fois la créature éveillée, Victor est pris de remords. Il est envahi par une peur qui le dépasse : que vient-il de faire ? Victor abandonne sa création et espère qu’elle disparaîtra à son retour, horrifié par ce qu'il vient de créer à partir de la mort. Les jours passent et la créature n’est plus qu’un lointain souvenir dans l’esprit de Victor. Mais sa création s’est échappée et elle est perdue, jugée et terriblement seule… Quelqu’un va alors la prendre sous son aile. Une femme va lui montrer ce qu’est l’amour et la compassion. Hélas, la créature de Frankenstein va très vite découvrir que le monde dans lequel elle vit n’est pas tendre avec ceux qui acceptent la différence… Choqué et meurtri par une telle violence, la créature entreprend un voyage initiatique pour retrouver la cause de tous ses maux : Victor Frankenstein !
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
David Sala se réapproprie le mythe de la créature de Frankenstein en y apposant sa patte, sa poésie et sa vision personnelle de ce Prométhée des temps modernes. Dans ce Frankenstein, Sala colle à la péripétie près au texte de Mary Shelley, mais il y appose quelque chose de plus. Plusieurs choses, à vrai dire. Il y a un aspect par-dessus les autres qui retient notre attention : la beauté dans la violence et la tragédie. La créature profite d’un soin tout particulier de la part de Sala : dans sa grandeur affreuse et repoussante, l’auteur en extrait une douceur est une beauté qui nous fait ressentir une empathie pour le colosse maudit. Le manteau qui l’accompagne, symbole de son amour perdu et de sa haine envers les Hommes, en est un exemple parmi tant d’autres, mais aussi ses excès de rage qui, bien que destructrice, ne sont pas sans beauté et sans mélancolie. C’est bien cet adjectif qui qualifie la transposition de David Sala : la mélancolie. Car s’il est établi depuis fort longtemps que Victor est le réel antagoniste du récit, on ne peut s’empêcher de ressentir une empathie pour ce personnage grotesque et déchu. La seule chose qu’on peut reprocher à cette sublime adaptation est l’impression d’étrangeté ressentie sur certaines planches quant aux personnages et à leurs yeux. Pour le reste, on est en présence d’une grande bande dessinée et d’une très belle adaptation d’un des plus grands textes de la littérature fantastique !