L'histoire :
Elfie est une elfe de plus de 1500 ans. Être légendaire évoluant au milieu des humains, elle n’aspire qu’à une chose : mourir. Mais même cette simple chose, elle en est incapable. Son salut réside dans la quête de la porte des enfers de son peuple. En trouvant la porte, elle trouvera un moyen de rentrer chez elle et donc de pouvoir reposer en paix. Mais problème : la porte ne peut s’ouvrir qu’avec une clé, une épée nommée Tyr. Le hasard faisant bien les choses, lors d’une livraison d’une drogue de son monde, Elfie découvre que l’épée est en possession d’une famille de néonazis souhaitant prendre le pouvoir. L’elfe devra donc choisir entre son destin et celui des humains au milieu desquels elle évolue depuis plusieurs siècles. L’aide providentielle d’un journaliste et de sa colocataire l’aidera à faire son choix, celui qui décidera de notre avenir.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après le très bon Pastorius Grant, Marion Mousse s’associe au dessinateur Martin Quenehen pour Je suis la dernière elfe, un récit de fantasy très ancré dans le climat sociétal actuel. En suivant le destin d’Elfie, une elfe lasse de vivre depuis presque 1500 ans, la scénariste convoque des thèmes contemporains tels que la montée des extrêmes, le rapport à la vie et à la mort, la place des religions et des croyances et le caractère éminemment égoïste des sociétés actuelles. Malheureusement, en voulant mélanger autant de thématiques, le récit se prend parfois les pieds dans le tapis. L’odyssée d’Elfie n’est réellement fort que lorsque sa dimension fantastique prend les devants. La quête de l’épée, des enfers et l’exploration de la mythologie nordique est une des parties les plus réussies, jusqu’à son final qui n’est pas sans rappeler certains runs de Hellboy avec un graphisme convoquant parfois la patte de Mike Mignola. Mettre en rapport cette quête avec un contexte politique tel que celui de la montée des extrêmes n’est pas une mauvaise chose en soi, mais son application peut parfois perdre le lecteur et le mélange des genres ne fonctionne pas à tous les coups. Je suis la dernière elfe demeure une bonne fable sociale s’exprimant par le biais de plusieurs genres, mais elle reste parfois trop longtemps la tête sous l’eau pour accoucher d’un récit réellement satisfaisant.