L'histoire :
Simon Munch est flic à l’anti-terrorisme. Les planques qui durent des plombes, les interpellations musclées, l’adrénaline, c’est son quotidien. Mais tout cela ne coïncide pas forcément avec l’imminente vie de père de famille qui l’attend. Un dernier plaquage au sol sur un terroriste et il file à la maternité… en retard. Aussi demande-t-il son affectation dans un autre service, qui doit théoriquement lui offrir plus de temps libre et moins de risques : la SPRG, Service de Protection des Renseignements Généraux. Il découvre donc un nouveau bureau, une nouvelle équipe et une première mission : la protection du n°2 français du pétrole, qui doit négocier un accord avec le pouvoir libyen post-kadafiste. Vus les enjeux financiers, cette négociation fait des jaloux, aux méthodes parfois radicales. Simon et son équipe se coltinent donc la surveillance rapprochée du dénommé Charles Henri Grandsire, énarque arrogant, et de sa famille toute aussi insupportable. Simon connait son métier et prend des mesures coercitives de protection, qui irritent Grandsire. Ce dernier ruse donc pour pouvoir rendre visite en douce à sa maîtresse. Mais alors que Simon fulmine, sa collègue le prévient par téléphone qu’elle a repéré deux agents libyens à la sortie de l’école du fiston Grandsire…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le titre et la couverture accordent parfaitement le ton de cette nouvelle série de thriller qui débute. Au terme de séquences de présentation admirablement gérées pour ne pas être trop lourdes, nos héros, emmenés par le compétent Simon Munch, jouent leur job d’agents de protection, sérieux et solidaires. Dans ce premier volume, une personnalité centrale et un unique contexte affairiste – plausible et actuel : la manne pétrolière libyenne – leur donnent du fil à retordre. Le scénario mijoté par Pierre Dragon et Alain Gillot est parfaitement efficace et immersif. On se laisse totalement prendre par le suspense, comme s’agissant d’un bon feuilleton TV. En outre, les scénaristes creusent un tantinet la vie personnelle et le caractère de chacun des protagonistes, ce qui incite fortement à réclamer une suite… L’une des particularités de cet album est qu’il n’est pas numéroté ; il peut tout aussi bien peut se lire en one-shot qu’en épisode pilote d’une série au long cours. Cette réussite est aussi à imputer à la mise en scène cinématographique et au dessin semi-réaliste de Fred Lamour, parfaitement en phase avec le ton urbain-grisâtre-obscur du théâtre des événements. Ce léger sentiment d’austérité, ainsi que la propension du héros à toujours tirer une tronche de stressé (mais que voulez-vous, il n’est pas fleuriste !), rebuteront peut-être quelques feuilleteurs de librairie… Ils auront tort de passer outre cet excellent démarrage.