L'histoire :
La richesse, l’oseille, l’argent, le pèze, le fric, la moula, les économies, le blé, les écus, les biffetons, la caillasse, la thune, la fortune, le pognon, les deniers, les ronds, le flouze, les sous. Florence, enfant, avait eu beaucoup de chance. Elle n’avait jamais eu froid ni faim. Tout ce qui l’entourait était charmant. La question de l’argent lui était étrangère et elle avait acquis la certitude qu’eux, les Dupré de la Tour, étaient en haut et que les autres, les pauvres étaient en bas. Son père était PDG dans les assurances et sa mère était au foyer pour élever leurs 5 enfants. Ses parents possédaient une magnifique propriété, Nagot, que Florence vénérait et où elle passait tout son temps avec Bénédicte, sa sœur jumelle adorée. Elle n’avait jamais connu le manque, le dénuement, le pétrin, la débine, la pauvreté, la mouise, la modicité, la gêne, l’indigence, la privation, la nécessité. Allait-il en être autrement ?
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après Pucelle et Jumelle, Florence Dupré la Tour livre un nouveau roman graphique autobiographique furieusement intense et révolté. Issue d’une famille bourgeoise et chrétienne la jeune femme rejette dans sa jeunesse les codes de sa classe sociale. Sa marâtre de mère avec ses principes éducatifs n’est pas du tout à l’écoute des besoins de ses filles et les prive des plaisirs de leur âge. Très tôt, Florence et sa sœur se débrouillent et cherchent leur indépendance, mais à quel prix ! Florence sera rapidement maman solo de 2 enfants et va enchaîner les galères financières. Vivre dans une précarité qu’elle n’aurait jamais imaginée. Toujours imprégnée de son éducation, elle reste digne, cherchant à faire bonne figure malgré les angoisses du lendemain. A l’instar de ses albums autobiographiques précédents, Florence Duprè la Tour continue à régler ses comptes avec une mère haineuse et un père indifférent, qui sont restés sourds et aveugles face à la pauvreté de leur fille et de leurs petits-enfants. C’est un récit fort et touchant sur le déclassement et le regard que peut porter la société sur les gens pauvres. On est emporté dans cette histoire de 200 pages qui se lit d’une traite et qui s’achève sur une note d’espoir. Graphiquement, le dessin très sobre de Florence Duprè la Tour est expressif et sert une narration fluide et imaginative.