parution 27 mars 2026  éditeur Dargaud  Public ado / adulte  Mots clés Sentimental / XVIIeme-Epoque moderne

Ketsudan

La belle Harumi se mariera-t-elle avec le fier Natsumé, alors que ce dernier a tué son père le daimyo ? Adaptation du Cid de Corneille, à l’époque du Japon médiéval… mais en alexandrins, et avec les répliques stars.


Ketsudan, bd chez Dargaud de Mud, Motteler
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

L'histoire :

Harumi, fille adulte du daimyo Akitora, un seigneur guerrier puissant et respecté, se confie à sa servante Emiko tout en prenant un bain dans une immense piscine thermale. Elle espère que son père apprécie Natsumé, le jeune homme dont elle est amoureuse… ce que lui confirme Emiko. Mais Emiko avoue aussi que son père est partagé entre lui et un mariage avec Shino, le capitaine de la garde qui porte un masque sur le visage depuis qu’il s’est jadis auto-mutilé avec un couteau. Harumi demande à sa servante de lui raconter de nouveau la légende épique du héros Fuyusaru, père Natsumé, victorieux des yokais. Elle imagine que le fils a hérité de la valeur de son père… et elle rêve que les évènements vont finir par combler son bonheur. Hélas, la rivalité est grande entre le daimyo Akitora et le héros Fuyusaru. Une rivalité qui se conclut par un duel au katana. Devant témoins, les deux samurais livrent un combat, dont sort victorieux Akitora. Mais il épargne le vieux Fuyusaru, et cette clémence l’humilie. N’a t-il donc autant vécu que pour cette infamie ? Resté seul face au déshonneur, à la rage, au désespoir, à la vieillesse ennemie, le vieux guerrier se fait hara-kiri. Natsumé tient dès lors Akitora (père de son amoureuse) pour responsable de la mort de son père. Et il va le venger…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Dès les pages de garde, la manière de présenter le contexte et les personnages fait penser à la didascalie préambule qu’on trouve souvent dans les livrets de théâtre. Les premiers dialogues en alexandrins confirment d’autant plus cette impression qu’il nous semble avoir déjà lu ça quelque part… Et pour cause : le scénariste Mud adapte à l’époque médiévale japonaise le Cid de Corneille ! Le texte original est largement arrangé, les actes et scènes redécoupées, des tirades entières sont retirées, mais le scénariste respecte la forme globale, l’illustration des fameux dilemmes « cornéliens », le fond des vengeances familiales à des fins d’alliances politiques et amoureuses. Notamment, les nombreuses répliques cultes y sont toutes : « Va, je ne te hais point ; Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infâmie ? ; Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ; Va, cours, vole et nous venge ; A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ; Nous partîmes 500 mais par un prompt renfort… » Evidemment, Don Rodrigue s’appelle ici Natsumé ; Chimène s’appelle Harumi et sa servante Emiko remplace Elvire. Don Gomes est Fuyusaru ; Don Fernand est le shogun. Les épées sont remplacées par des katanas et les armées maures ennemies par des attaques de yokaïs ! Le texte est tout de même très édulcoré (lorsqu’il est ronflant et sans plus-value), mais il reste 100% en alexandrins, dans une forme dialoguée à peu près acceptable en BD. Il conserve tout de même la tonalité désuète intrinsèque à cette forme théâtrale. Et à travers sa transcription graphique dynamique et ancrée, Julien Motteler imagine des scènes de combats dantesques contre les yokaïs (des séquences muettes) ou les duels sanglants qui correspondent au texte. Il est juste dommage qu’à aucun moment le titre ne soit jamais expliqué. « Ketsudan » signifie en japonais une décision importante, un choix crucial.

voir la fiche officielle ISBN 9782205211597