L'histoire :
Attaqué par trois bandits qui en voulaient à sa bourse, Conan chevauche sur le cheval de l'un deux. Les assaillants n'avaient pas imaginé la force du cimmérien, ni que ce serait leur dernier forfait. Le cavalier atteint finalement la ville de Hud-Hund Engaun, où il compte dépenser son butin, et peut-être trouver de quoi s'enrichir. Mais l'étranger venu du Nord ne passe pas inaperçu. Il se voit proposer une mission par un homme qui l'a vu se débarrasser facilement d'agresseurs imprudents dans une taverne. Il se retrouve dans la demeure de Gyula, un puissant chef de clan dans cette ville qui regorge de voleurs. Sa rivalité avec un chef Zingaro a pris une tournure radicale quand ce dernier à kidnappé Jahivé, la fille de Gyula. Conan accepte une forte somme d'argent pour ramener la jeune femme. Il doit se rendre dans la partie de la ville sous contrôle Zingaro. Les rues sont quasi désertes et les quelques personnes qu'il croise sont en fait des surveillants qui vont signaler à leur patron cette présence étrangère. Lorsqu'il atteint une demeure entourée de hauts murs, il devine que c'est probablement le lieu où il trouvera son but. Les obstacles sont nombreux : des monstres assoiffés de sang et des gardiens imposants. Mais rien n'empêche Conan d'atteindre le cœur du palais. La mission semble presque trop facile pour le combattant aguerri qu'il est, mais une grande surprise l'attend.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Depuis que les romans de Robert E.Howard sont tombés dans le domaine public, les auteurs passionnés peuvent donner leur propre vision du personnage culte de l'Heroic Fantasy. Oscar Martin au scénario et le dessinateur Leonel Castellani s'attellent à la tâche d'un récit dynamique qui met en scène un Conan en pleine possession de ses moyens, qui cherche à gagner de l'argent en utilisant ses qualités de combattant. L'aventure est très construite avec une première intrigue et une surprise de taille, découpée dans le détail, centrée sur des scènes d'action nombreuses. L'ambiance est moins aux sombres mystères qu'à la mise en scène d'un héros plein de muscles et sans scrupules, qui veut profiter des plaisirs de l'existence lorsque son argent le lui permet, et quand il n'est pas occupé à se battre. L'aspect visuel est toujours majeur dans les interprétations des aventures du cimmérien, Castellani déploie un style pas tout à fait réaliste mais plein d'énergie. Le visage de Conan est acéré, son regard agressif, les corps qui s'empoignent lors des scènes de combat donnent des tableaux spectaculaires. Parmi les dessinateurs qui ont forgé la légende, c'est du côté de Gil Kane qu'il va chercher sa principale inspiration, on reconnait notamment en page 26 quelques positions bien typiques du style de l'américain. Mais cette influence n'empêche pas l'artiste argentin de donner sa propre version des gros bras musclés de notre barbare préféré, tandis qu'il s'appuie sur un scénario très lisible et sans ellipses. On lit cette aventure avec plaisir, tout à la curiosité de voir comment deux fans s'attaquent à leur tour au personnage de roman devenu monument de la BD.