L'histoire :
A la suite d’un combat contre un démon des Hazutes blancs, Jharzafat, Qwydine et Qolon Ki ont été projetés dans un palais céleste inconnu. Ils sont accueillis par un homme intimidant qui dit solennellement s’appeler Ethiop, le légendaire Hazute à la peau noire ! Les trois amis sont décontenancés… mais l’homme éclate de rire. C’était une blague. Il s’appelle Jools et revendique être le célèbre oracle disparu. Jharzafat n’en croit pas un mot : Jools est mort il y a très longtemps de cela, son corps a été retrouvé sous forme de cadavre. Jools insiste pourtant, leur promettant de tout leur expliquer… mais pas avant d’avoir migré vers un autre endroit plus sécurisé. Car leur trame-portation a sans doute été traquée par le sbire de l’Hazute blanc. Jools les emmène tout au bout d’un promontoire et les invite à… sauter dans le vide ! Il leur montre d’ailleurs le chemin en sautant en premier. La peur au ventre, Jharzafat, Qwydine et Qolon Ki se lancent… et après une chute libre angoissante, ils se retrouvent comme portés par le vent par-dessus un ruban éthéré, comme s’ils faisaient du surf sur un arc-en-ciel en forme de montagnes russes. Ce chemin aérien aboutit au royaume de Ryry-Leh, entouré d’une bulle gigantesque qui s’immerge parfois de l’océan…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
On peine toujours à saisir la direction narrative de cette série jeunesse pleinement imbibée de fantasy. Sans colonne vertébrale bien définie, l’objectif initiatique final des protagonistes est flou et l’intrigue n’accroche pas. S’agit-il toujours de quête du libre arbitre, dans un univers régi par la magie qui confine à l’emprise mythologique ou religieuse ? Sans incarnation, ou psychologie de personnages construite, les héros subissent des évènements rythmés mais un peu gratuits… et la construction séquentielle très visuelle, avec peu de textes ou de dialogues, n’aide pas à s’y retrouver. Le scénario de mOTUS semble avant toute chose se mettre au service des effets visuels : les paysages spectaculaires et les scènes d’actions débordantes de dynamisme, d’éclairs, de lignes de fuite, de glissades surfées, de projections luminescentes, de lasers de feu, de tourbillons éthérés ou plasmatiques, d’explosions… il s’agit bien de pur divertissement jeunesse. Sur ce plan, le dessin conjointement réalisé par Lucio Leoni et Emanuela Negrin – sans oublier la colorisation très… colorée d’1ver2anes (alias Verane Otero) – est d’ailleurs très au point. Les personnages semi-réalistes sont expressifs, bien proportionnés et leurs mouvements répondent à une technique indéniable. Les décors sont eux aussi toujours enchanteurs, qu’il s’agisse de palais célestes, de chevauchées sous-marines, de jungles merveilleuses… La séquence finale semble appeler à un second cycle. Espérons qu’il ait un peu plus de châssis et de direction.