L'histoire :
Anzi vient d’arriver à Uruk et il est impressionné par la statue que les esclaves sont en train de construire. Un contremaître lui explique que ce sont les pieds d’une statue que son roi, Gilgamesh, fait construire. Il lui raconte que la seule chose que craint le grand Gilgamesh, c’est la mort. Il a visité le monde entier à la recherche d’un antidote à la mort, emmené ses armées partout où il le pouvait, mais il n’a pas trouvé. Revenu à Uruk, la grande prêtresse Mananash lui a dit que les dieux ne lui donneraient pas la vie éternelle, mais qu’il aura une grande, haute et glorieuse vie s’il érigeait une grande, haute et glorieuse statue. Gilgamesh veut que la statue monte jusqu’à la voûte céleste. Au palais, Gilgamesh veut savoir combien d’années il a gagné avec sa statue, mais Mananash ne peut pas lui dire. Le contremaître, Abgallu, a invité le jeune Anzi à dîner chez lui. Le jeune homme est poète et veut apprendre une nouvelle science, l’écriture, pour devenir scribe. Il tombe amoureux de la fille de son hôte, Gim.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
L’épopée de Gilgamesh est l’un des plus anciens textes littéraires de l’histoire de l’humanité. On l’a retrouvé gravé sur des tablettes d’argile datant de près de 4000 ans… C’est le texte-mère de toutes les épopées, et au-delà, des récits mythologiques fondateurs de notre culture. L’histoire du déluge envoyé par les dieux pour supprimer la race des hommes est reprise dans la mythologie gréco-romaine, puis dans les religions monothéistes. Ici, Blaise Guinin s’amuse à romancer le récit en faisant participer un jeune poète, Anzi, qui veut apprendre à lire et à écrire pour devenir scribe, mais surtout pour pouvoir écrire de la poésie, et non pas la chanter comme cela se faisait jusqu’alors. A l'époque, l’écriture servait à des tâches plus « importantes », comme la comptabilité. Le jeune homme va connaître l’esclavage, la rébellion, l’amour, la trahison, l’amour (eh oui deux fois), s’initier à la politique… avec un regard et des mots très contemporains qui créent un décalage comique. Ils permettent de réfléchir en miroir sur le fonctionnement contemporain. De son côté, Louis Pelosse livre un dessin naïf et lumineux, souvent en dégradés de couleurs, qui colle à l’image qu’on pourrait se faire d’une aventure aussi ancienne, dans des contrées qui excitent l’imagination, au Sud de la Turquie, au Nord de la Syrie et sur une grande partie de l’Irak. A l’arrivée, cet ouvrage se révèle être une fable sur la vanité du pouvoir et de la religion, une ode à la jeunesse rebelle et créatrice qui redonne un souffle à une histoire du fond des âges.