L'histoire :
Même s'il n'a pas vraiment le pied marin, Séraphin Cantarel s'embarque un matin à bord du petit bateau de Jean-Paul Vialatte dans le port de Royan, pour se rendre sur le très beau phare de Cordouan. L'édifice vieux de plusieurs siècles, témoin de grands événements historiques, est aujourd'hui terriblement abîmé par les eaux, les vents, l'usure... C'est le travail du conservateur en chef de définir les bases d'une possible restauration. C'est le gardien Gildas Bargain qui l'accueille et lui présente Iliaz Quéméret, le second homme qui lui sert de coéquipier. Ils évoquent la vie quotidienne dans ce superbe bâtiment qui semble défier les flots au milieu de la mer, dans l'immense estuaire de la Gironde. Lorsque Théo, l'assistant de Séraphin, les rejoint quelques minutes plus tard, il est accompagné du commissaire Hervouette, qui annonce à Iliaz que son fils unique vient d'être retrouvé mort par un pêcheur dans le port de Talmont. Une mort peu ordinaire, puisque le jeune homme a été retrouvé nu, le corps traversé d'un pieu de bois sur lequel il est visiblement tombé. Qu'est-il arrivé au garçon dont le père acceptait mal le mariage annoncé avec une jeune femme volage connue de tout le village ? Très bientôt, une nouvelle information va accentuer le drame, et Cantarel va apporter son soutien au policier.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
C'est une enquête un peu nonchalante que semblent mener Séraphin Cantarel et son assistant Théo autour de ce phare en attente de restauration. Corbeyran adapte ici un (premier) roman de Jean-Pierre Alaux, qui passait probablement pas mal de temps à décrire la vie des gardiens de phare et la beauté de l'embouchure de la Gironde. Mais de ce contexte géographique et peut-être social, il reste peu de choses une fois que le scénariste a installé son personnage et mis en scène la série de macabres découvertes qui vont constituer le cœur policier de l'album. Il se passe très peu de temps entre le dernier meurtre supposé et les premières révélations, qui semblent d'ailleurs résulter d'une déduction assez improbable. Michel Suro propose quelques belles vues du phare ou des eaux qui l'entourent, et parvient à faire tenir enchaînements et révélations sans surcharger ses cases. Il insuffle un vrai dynamisme à cette enquête finalement très rapide et dont on devine qu'elle manque de temps pour s'installer. On en saura finalement très peu sur les relations entre Cantarel et son adjoint, et seules quelques belles cases nous permettent de plonger dans l'étrange beauté de l'édifice solitaire et de ses gardiens aux secrets bien gardés. La série devrait se poursuivre avec d'autres one shots qui reprendront des romans d'Alaux, journaliste-écrivain très productif.