L'histoire :
Eté 1966, Liselotte, Max et Reiner, de jeunes allemands, débarquent sur l’île de Stromboli. Ils rejoignent l’écrivain français, le professeur de Vorgues, pour faire des fouilles archéologiques. Ce mondain un peu excentrique accapare la jeune Liselotte et lui raconte qu’il est sur le point de mettre à jour une pièce unique, une merveille des anciens. C’est pour lui le chaînon manquant entre l’hellénisme et le romanisme. Sur le chantier de fouille, les ouvriers ne trouvent que quelques amphores brisées, rien de bien spectaculaire, ce qui agace le professeur. Dans les jours qui suivent, les 3 étudiants débutent leurs explorations sur un autre versant de l’île. Les 2 garçons ont trouvé des idées dans un bouquin et rapidement leur audace paie. A l’occasion d’une balade solitaire, Liselotte fera une malencontreuse chute. Incapable de retourner à son campement, c’est Armin Wegner et sa compagne qui s’occuperont d’elle pour qu’elle se remette en forme.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Armin Wegner (1886 - 1978) est un officier sanitaire allemand, écrivain photographe et militant des droits de l’homme, qui a pris position en faveur des droits des juifs et des arméniens. En 1967, celui qui a notamment pris des clichés clandestins du génocide arménien se voit décerner le titre de « Juste parmi les nations ». Cette BD n’est pas une biographie, mais l’histoire d’une rencontre entre une jeune allemande et Wegner, en exil sur une île. Si le récit débute sur des fouilles archéologiques au pied d’un volcan, il se poursuit sur des récits plus mémoriels dans lesquels Wegner se livre en évoquant des souvenirs douloureux. La partie du récit consacrée à l’histoire de Wegner est globalement assez succincte, comparativement aux recherches archéologiques des trois jeunes gens. Si Wegner est dans la volonté d’oublier une histoire douloureuse, les jeunes allemands, quant à eux, s’évertuent à fouiller pour retrouver des vestiges du passé. La fin du récit prend une tournure mystique et un peu étrange, qui semble assez éloignée de l’histoire de Wegner. Graphiquement, les personnages sont expressifs : c’est aéré. Le dessin au lavis restitue avec justesse l’ambiance d’une époque passée mais également un cadre insulaire où trône un volcan. Un dossier documentaire complémentaire aurait été le bienvenu pour découvrir un Juste assez peu connu du grand public.