L'histoire :
Jim Morrison est à Paris. Il erre dans la ville, écume les bars, lorsque le hasard le met face à un compatriote qui ne le reconnaît pas. L’homme lui joue une chanson, une mélodie qui réveille un souvenir enfoui, celui de son enfance et du jour où il a été témoin de la mort d’un homme lors d’un accident de voiture. Jim retrouve ensuite Pam, sa muse. Les souvenirs affluent, ce qui l’a poussé à écrire, les poètes qui l’ont nourri, les mots qui brûlaient autrefois en lui. Ensemble, ils quittent Paris pour le Maroc. Mais Jim ne parvient pas à se détacher des Doors, du groupe qu’il a laissé derrière lui aux États-Unis. Les images du passé se bousculent, la rencontre avec les membres du groupe, les premières scènes, l’ascension fulgurante... Peu à peu, Jim se noie dans l’alcool, tandis que Pam tente en vain de le ramener à la lumière. Les idées s’assombrissent, les mots refusent de venir. Il ne lui reste alors que les souvenirs d’un passé aussi brillant que troublé.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec cette biographie en bande dessinée, les auteurs proposent une plongée subjective dans la vie de Jim Morrison, qui se déploie entre souvenirs d’enfance, errance artistique, années Doors et, en fil rouge, les derniers jours parisiens du chanteur. Le récit adopte un point de vue singulier : Morrison est lui-même le narrateur de sa propre histoire, donnant au lecteur accès à un flux de pensées souvent confus, parfois brutal, à l’image de son état d’esprit. Loin de l’icône rock idéalisée, l’album dresse le portrait d’un homme détestable par moments, rongé par ses excès. L’alcoolisme, l’instabilité émotionnelle et la dépression occupent une place centrale, sans fard ni complaisance. Cette approche désacralise la légende pour mieux révéler un individu fragile, tourmenté, incapable de se libérer de ses démons malgré le succès. Graphiquement, le choix est radical. Le dessin très sombre, volontairement peu détaillé et parfois difficile à lire, peut dérouter. Pourtant, ce trait brut et brouillé fait écho à la psyché chaotique de Morrison. Plus qu’un simple accompagnement du récit, il en devient le prolongement visuel, traduisant l’enfermement mental et la dérive progressive du musicien.