L'histoire :
John Dortmunder est à la recherche d’un coup bien juteux pour se refaire. L’un de ses plus fidèles collaborateurs, Kelp, tient à lui parler d’un coup que son neveu Victor, ancien agent du FBI, a mis sur pied. Le plan est simple : une banque en construction vient de transférer tous ses fonds dans un mobil-home juste en face du bâtiment. L’argent n’y est qu’un soir par semaine. Et par définition, un mobil-home peut se transporter à l’aide d’une remorque. Avec l’aide de sa compagne, d’un perceur de coffre redoutable et de ses comparses habituels, Dortmunder va mettre au point un plan d’apparence simple mais uniquement en apparence. Le début des hostilités se déroule bien : le groupe trouve un camion, arrive à construire une remorque et connaît l’heure de ronde de la police dans les rues. Mais alors que le braquage de la banque se passe bien, l’équipe se retrouve confrontée à deux dilemmes. Primo l’endroit où cacher le mobil-home ; deuxio le perçage du coffre se trouve être un chouilla plus complexe que prévu. Dortmunder et ses amis ne sont pas au bout de leurs surprises en espérant que la police soit aussi inefficace qu’à son habitude…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Nouvelle adaptation d’un classique de la littérature policière pour Doug Headline ; et encore une fois le résultat est plus qu’intéressant. Associé au dessinateur Jesus Alonso Iglesias, Headline propose une adaptation d’une aventure de Dortmunder de Donald Westlake qui surprend par son ton entre tension, pure histoire de gangsters et humour cynique. Avec un postulat de base aussi démesuré que le vol d’un mobil-home servant de stockage à des billets de banque, l’histoire nous met aux côtés de nos héros d’infortune et nous fait ressentir la tension qui émane de chacune de leurs paroles ou de leurs actions. En plus de ses dialogues finement écrits, où la tension laisse parfois place à une pique bien sentie, le récit fait aussi de longues descriptions qui permettent de souffler entre deux péripéties ou moments de friction. Graphiquement, Jesus Alonso Iglesias possède une patte comic-book rappelant le travail de Jacob Phillips sur la série Newburn. Cette patte fait ressortir à merveille l’ambiance des années 1970 du récit, mais également son côté sombre. N’oublions pas que nous suivons des criminels avant de suivre une bande de gentils lurons avides d’argent. Adaptation sympathique d’un classique du polar, ce Bank Shot est un pur moment de divertissement qui se consomme comme un bon film des années 1980… ou un bon roman de Westlake !