parution 10 février 2011  éditeur Futuropolis  Public ado / adulte  Thème Policier

Les larmes de l'assassin

Un enfant vit avec ses parents dans un coin isolé en Patagonie, jusqu’au jour où un inconnu, Angel Allegria, vient tuer le père et la mère. Etrangement, le criminel et l’enfant commencent à nouer une relation filiale. Un résultat mitigé.


Les larmes de l'assassin, bd chez Futuropolis de Murat
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Futuropolis édition 2011

L'histoire :

Au sud du Chili, au bout du monde, en plein cœur de la Patagonie. Des paysages en proie à la désolation, arides, des contrées hostiles et inhospitalières, faites de vent et de pierres. Le bout du monde, et au milieu, une habitation, une ferme. Là vit une famille, Paolo et ses deux parents. Accueillant les voyageurs de passage entre landes et cailloux, Paolo s’ennuie. Il passe aussi ses journées à courir après les serpents. Un jour, Angel Allegria, truand, escroc, assassin, débarque dans cette petite masure. Il décide d’y rester un certain temps. Refuge idéal pour un assassin en cavale, Allegria tue les parents de Paolo. Mais une fois devant l’enfant, le couteau plein de sang à la main, il l’épargne, rattrapé par une soudaine impuissance. Peu à peu, le bourreau et sa victime vont cohabiter, tout en développant une relation affective de substitution, presque filiale…Comment vivre avec l’assassin de ses parents ? Un être sans morale est-il capable d’éprouver une once de sentiment ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Librement adapté du roman de Anne-Laure Bondoux, Les Larmes de l’assassin se propose d’interroger l’innocence et le mal, à travers l’amour que se portent un enfant et un assassin. L’intention était bonne, mais le résultat ne séduit qu’à moitié. En cause, les choix en matière de narration et de découpage, minimalistes et économes en mots. Thierry Murat préfère les parenthèses contemplatives, silencieuses et introspectives, au bavardage stérile, laissant parler avec parcimonie voix-off et images, en montrant des terres en proie à la désolation. Pourquoi pas, et graphiquement, c’est plutôt réussi. Il multiplie donc les grandes cases, distille les non-dits et joue la suggestion lyrico-paysagère. Malheureusement, au détriment de la complexité et de la densité du scénario. Car les relations humaines ont besoin de l’épaisseur du temps pour gagner en profondeur. Or, tout va trop vite ici, et on a le sentiment que tout va de soi : être un assassin, tuer des inconnus, agresser des voyageurs, protéger l’enfant dont on vient de tuer les parents…Pourquoi ? On ne sait jamais et l'effet est un peu gratuit. Le récit aurait peut-être gagné en tension, en épaisseur et en puissance par un texte plus nourri, moins allusif, jouant davantage la carte des contrastes ambigus... Si bien qu’au final, l’histoire perd en crédibilité (rarement le soupçon d’étrangeté ou d’inquiétude n’éclot), et qu’il devient difficile pour le lecteur d’être touché par cette histoire froide et sans véritable tension dramatique. Les dessins prennent beaucoup de place et, un peu seuls, peinent à donner assez de souffle au récit. Là où Murat convainc davantage, c’est dans la description graphique de ces terres chiliennes du bout-du-monde, hostiles, cruelles, impersonnelles, pleines de dramaturgie en puissance. Un résultat bien mitigé, donc. Pour amateurs de récit intimiste.

voir la fiche officielle ISBN 9782754803601