parution 08 septembre 2021  éditeur Gallimard  Public ado / adulte  Mots clés Policier

L' Echelle de Richter

Une femme a été tuée dans une chambre d’hôtel. Pourquoi ? Par qui ? Une enquête-chorale focalise successivement sur des protagonistes plus ou moins éloignés de l’épicentre de l’affaire. Une narration nouvelle pour une lecture passionnante !


L'Echelle de Richter, bd chez Gallimard de Frydman
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Gallimard édition 2021

L'histoire :

Hassan est cuistot dans un hôtel parisien, posté de nuit. Ce soir-là, il est en retard. Un suicide dans le métro, explique-t-il à son patron… qui le paie avec un lance-pierre. Avant que les commandes du room-service ne se déclenchent, il prépare de quoi manger pour son boss et lui – non sans déposer discrètement un molard sur le steak de son boss. La chambre 24 appelle pour deux burgers, saignants. Hassan se met à l’ouvrage. Viande hachée dans le frigo, cuisson, préparation, plateau. Pendant que le boss va livrer aux clients, Hassan en profite pour chaparder une barquette de viande hachée dans son vestiaire. Puis il va fumer sa clope dans l’arrière-cour. Soudain, une porte s’entrouvre et un homme chevelu avec une veste traverse à toutes jambes la courette. Etrange. Avec son patron, ils regardent par la porte restée ouverte et ils ont une fâcheuse hallucination : de la viande hachée partout sur les murs, un couloir de viande hachée ! Houla, espérons qu’ils n’aient pas d’intoxication alimentaire avec le steak qu’ils viennent d’avaler et qui était visiblement périmé. En remontant l’escalier, ils débouchent sur une chambre ouverte. A l’intérieur, le cadavre d’une jeune femme. Et cette fois, ça n’est pas une hallucination…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

En tant qu’instrument de mesure, l’échelle de Richter permet d’évaluer la force d’un séisme, les répercussions et les dégâts que l’onde de choc vibratoire engendre alentour decrescendo. Ce polar sombre et obscur (obscur et sombre) est composé par Raphaël Frydman à la manière d’un récit choral. Après une préface aussi élogieuse que méritée de Cédric Klapisch, le scénariste alterne les focus sur différents protagonistes, qui composent chacun un point de vue ou une répercussion autour d’un meurtre, point de départ de l’intrigue. Une femme a été assassinée dans une chambre d’hôtel. Par qui ? Pourquoi ? Selon quel modus operandi ? A contrario des polars classiques, on ne suit pas prioritairement l’enquête, ni même le criminel – ils font tout de même partie des focus, bien entendu. Sans présentations préliminaires, on est spectateurs d’une tranche de vie de gens impliqués (in)directement par le meurtre, parfois proches, parfois éloignés de l’épicentre. « Spectateur » est le mot, étant donné que les auteurs ne sont pas exactement des auteurs de BD, même s’ils s’y connaissent fort bien en art séquentiel : Raphaël Frydman est scénariste pour l’audiovisuel et Luc Desportes est lui aussi rompu à l’exercice du story-board pour le cinéma. C’est d’ailleurs le ras-le-bol des traditionnels gaufriers qu’on impose à ce type d’artiste, qui a amené ces deux-là à travailler différemment. Desportes s’affranchit en effet des bordures de cases (parfois même des contours des visages !) et de tout découpage régulier. Ses dessins s’enchainent en étant positionnés librement dans la page, accentuant l’impression de calme ou de tumulte, en fonction de leur spontanéité, de leur espacement, ou de leur finition. Ajoutez à cela, que Frydman n’a aucun scrupule à « salir » ses protagonistes, au gré de dialogues vulgaires (mais réalistes) ou de situations glauquissimes. Il en résulte une expérience de lecture assez nouvelle, à mi-chemin entre le 7ème et le 9ème art. Et même si on ne comprend pas a priori la logique de ces tranches de vie, elles composent finalement une résolution complète et techniquement passionnante de l’affaire. En résulte un polar noir, une narration radicale, une sensation malaisante et jouissive d’avoir été partie prenante de cette sale affaire.

voir la fiche officielle ISBN 9782075148412