L'histoire :
Alexandre est un docteur brillant. Ses connaissances médicales sont indéniables. Mais à la suite de décisions malheureuses sur de jeunes patients, il a été radié de l'Ordre des Médecins. Pour pouvoir maintenir son rythme de vie au volant de son bolide et dans sa villa luxueuse, il doit à tout prix continuer à exercer. Coûte que coûte. Il choisit donc la voie de l'illégalité en érigeant sa propre clinique de fortune dans laquelle on ne pénètre qu'après avoir scrupuleusement suivi un protocole rigoureux. Alexandre est le docteur de la pègre qu'il soigne contre monnaie trébuchante. C'est d'ailleurs au cours d'une intervention chirurgicale qu'un patient bien particulier fait irruption dans sa clinique sans avoir respecté le protocole d'accès. Il s'agit de Zacharie. Un type particulièrement étrange qui exhibe, revolver au poing, une morsure de vampire dans son cou. « Tant qu'il y a du soleil, ça ira. Mais dès qu'il fera nuit, je me transformerai et je vous tuerai. Vous avez une journée pour empêcher cela. » Le compte à rebours est lancé...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Tout médecin qui se respecte prête Le serment d'Hippocrate. Cet engagement oblige les médecins à toujours fournir des soins de qualité, sans distinction des individus, et à protéger le droit des patients. C'est d'ailleurs ce qu'Alexandre s'évertue de faire, même s'il a été rayé de l'Ordre des Médecins pour d'obscures raisons. En effet, l'homme poursuit malgré tout la pratique illégale de la médecine et il la réserve désormais aux plus grands délinquants. Parmi eux, un futur vampire vient à sa rencontre. Le scénario peut paraître un peu désuet, mais il est au contraire bien ficelé autour d'un thriller haletant qui s'apparente à une revisite contemporaine du roman du comte de Dracula. Le récit est intelligemment construit autour d'une personnalité qui mettra un peu de temps à se dévoiler notamment au travers des diagnostiques qu'il pose, ainsi que sur les raisons pour lesquelles il a été radié de l'Ordre des Médecins. Quoiqu'il en soit, cela n'enlève rien au dynamisme du scénario qui se développe au travers d'un découpage de cases particulièrement réussi. Le dessinateur Michaël Bourgouin l'avait déjà utilisé sur l'excellent Blue Note où l'influence des Comics américain se faisait déjà jour. Avec Le Serment, il enfonce encore un peu plus le clou, grâce à un dessin très encré qui donne un rendu particulièrement sombre et glauque. Les traits des personnages ressemblent un peu à ceux que Sean Murphy utilise pour déterminer l'expression très angulaire de certains des visages de ses protagonistes. Le récit se développe sur 136 pages noires; ce qui lui confère encore plus de lourdeur. On apprécie aussi les rebondissements en série qui laissent augurer une éventuelle suite à cette bande dessinée très réussie... même s'il n'en est pas (encore) annoncé.
