L'histoire :
Sarah Huxley est une jeune cadre dynamique britannique qui travaille au sein de la filiale d'une multinationale à Paris. Totalement absorbée par son travail, l'Anglaise vit une vie de célibataire particulièrement monotone au cours de laquelle elle tente de vaincre sa solitude en s'imaginant, notamment, une relation sentimentale incongrue avec un collègue de travail qu'elle n'apprécie pas plus que ça. Mais un jour, café en main, elle chute maladroitement en déambulant dans un parc. Assise sur un banc, Ping, qui tient la poussette d'un bébé, observe le spectacle de loin alors que l'enfant rit de la scène cocasse qui s'offre à son regard innocent. Cette rencontre fortuite va connaître un développement inattendu puisque le hasard va amener les deux femmes à se croiser devant une boulangerie, puis au détour d'un musée qu'elles visitent en même temps. Le hasard du destin fait visiblement bien les choses car après s'être croisés, leurs chemins vont poursuivre les mêmes desseins. Car si la langue peut s'avérer un véritable obstacle, la communication entre les deux femmes s'améliore au fil des dialogues qu'elles partagent tantôt en anglais, tantôt en français ou aussi en cantonais. A tel point qu'elles parviennent à exprimer de mieux en mieux les sentiments qu'elles éprouvent l'une pour l'autre. Le langage de l'Amour est bien universel.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le talentueux James Albon s'était déjà distingué dans Recette de famille, un roman graphique dans lequel il a illustré la relation atypique de deux frères au travers une aventure agricole et gastronome. Ici, l'auteur revisite à nouveau les tréfonds les plus intimes d'autres relations humaines, plus sentimentales cette fois. L'œuvre a volontairement été traduite différemment afin de respecter l'esprit de l'histoire et le lecteur en est avisé dès les premières pages. Et c'est important de le savoir, car c'est effectivement tout ce qui donne du piment à cette histoire. Au travers des 176 pages de ce roman graphique, James Albon assoie un peu plus sa notoriété d'illustrateur moderne protéiforme. En effet, le dessinateur joue avec l'aquarelle et la gouache en direct pour colorer ses cases en omettant volontairement l'utilisation abusive de traits noirs pour délimiter les formes. Lorsqu'il s'agit de l'univers professionnel, la couleur reste dans des tons sombres mêlant le noir et le bleu. Les couleurs deviennent de plus en plus vives lorsque la relation entre les deux protagonistes tend à se rapprocher, laissant poindre une atmosphère beaucoup plus chaleureuse. L'auteur britannique sait parfaitement retranscrire à travers son roman graphique l'essence même des relations intimes et la difficulté que certaines personnes peuvent éprouver à pouvoir s'exprimer et surtout à se faire comprendre dans une autre langue. Mais cette incompréhension de fortune s'estompe au fur et à mesure que l'on dévore les pages, laissant ainsi la place à une très belle romance tendre et douce entre deux femmes que tout semblait pourtant opposer.