L'histoire :
Au delà du simple exploit automobile, Sigi s'est lancé dans une traversée bien plus périlleuse que prévue. À mesure que l’expédition progresse sur le continent américain, les tensions internes s’exacerbent et les alliances se fissurent. Derrière l’image d’un voyage moderne et audacieux se dessinent des enjeux politiques, des intérêts dissimulés et des rivalités qui dépassent largement la prouesse technique. L’arrivée en Amérique du Sud marque un tournant : hospitalités ambiguës, intrigues souterraines et réalités sociales brutales viennent troubler la route de Sigi. L’aventure change alors de nature, passant du défi mécanique à l’épreuve morale, où chaque décision engage bien plus qu’un simple itinéraire.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Erik Arnoux élargit considérablement la portée du récit dans ce deuxième tome. Le voyage de Sigi en Amérique latine ne relève plus seulement de l’exploit sportif : il s’inscrit dans un contexte historique instable, traversé par les tensions idéologiques de l’entre-deux-guerres. Tandis qu’elle progresse sur des routes incertaines, entre Andes et plaines poussiéreuses, un autre jeu se met en place à Berlin. Les manœuvres politiques, les stratégies d’influence et les arrière-pensées diplomatiques avancent en silence, à l’insu même de l’héroïne. Ce décalage entre l’innocence relative du périple et la brutalité des calculs européens donne au récit une profondeur singulière. Les seconds rôles prennent ici une importance décisive. Le véhicule d’assistance, loin d’être un simple soutien logistique, devient un véritable point névralgique. Les deux hommes qui l’occupent, observateurs zélés et rapporteurs liés au régime nazi, incarnent cette surveillance diffuse qui accompagne Sigi tout au long de sa traversée. Leur présence instille une tension constante et rappelle que l’aventure individuelle est instrumentalisée à des fins politiques. Graphiquement, David Morancho impose un trait nerveux, précis, qui conjugue réalisme et expressivité. Les décors américains sont amples, presque cinématographiques : immensités arides, reliefs andins, villages poussiéreux. L’environnement graphique, détaillé sans surcharge, ancre solidement le récit dans une géographie tangible. La mise en couleur, subtilement modulée, renforce la sensation de chaleur, de distance et d’isolement. L’ensemble confère à ce tome une dimension profondément humaine.