L'histoire :
Lisidis et Lorenzo, un jeune couple, se rendent sur l'île Belle pour participer à un bal et célébrer du même coup leur premier mois de mariage. De retour chez eux, Lorenzo reproche à sa femme d'avoir dansé toute la soirée avec un hussard plutôt qu'avec lui. Mais il s'en veut à lui aussi, de ne pas être intervenu, trop occupé à contempler trois femmes qui l'intriguaient, pour une raison qu'il ignore encore toujours. Lisidis dort déjà à poings fermés, alors que son mari rumine encore cette soirée. Lorsqu'il arrive enfin à se débarrasser de ces sombres pensées, Lorenzo s'endort à son tour. Endormi, il se retrouve dans la peau d'un jeune philosophe nommé Lucius, en pleine Grèce antique. Poussé par sa curiosité concernant ce pays (il vient de terminer ses études), il se dirige vers la Thessalie, patrie des enchantements et des monts escarpés. Malgré les avertissements de ses amis concernant les sorcières qui peuplent la région, Lucius s'y rend seul, de nuit. Très vite, il se perd dans la forêt, avec pour seul compagnon Phlégon, sa monture. C'est à ce moment que les sorcières décident de passer à l'action. Lucius tente bien de leur échapper, mais il est victime de leurs enchantements et se retrouve très vite perdu entre vérité et illusion…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Charles Nodier, journaliste et écrivain du 19e siècle, est considéré aujourd'hui comme l'un des fondateurs du mouvement romantique. En 1821, il publie ce conte fantastique intitulé Smarra où les démons de la nuit, que Patrick Mallet (Achab) adapte de nos jours en bande dessinée. Cette histoire relate le récit de Lorenzo qui se retrouve dans un monde cauchemardesque où la dangereuse magicienne Méroé a les traits de sa femme et où son meilleur ami a les traits du hussard qui dansait peu avant avec sa femme. Persistant dans la voie de la curiosité, il affronte les démons de la nuit et des événements plus terrifiants les uns que les autres, tout en écoutant le récit de Polémon qui subit le même châtiment, tous les soirs, dès qu'il s'endort. Le point fort du récit est sans aucun doute l'univers sombre dans lequel le héros évolue. Les dessins Mallet sont en effet parfaitement réussis. Décors, sorcières et autres hallucinations permettent une parfaite immersion dans cet univers étrange. Le seul petit bémol vient des visages des personnages humains, légèrement difformes, mais rien de vraiment répréhensible. Quant au scénario, il est certes simple et se résume à un homme faisant un cauchemar… mais il se laisse apprécier pour son curieux univers dépeint.