parution 11 février 2026  éditeur Glénat  Public ado / adulte  Mots clés Policier

The Painted crime

Los Angeles, 1947 : un privé cabossé par la guerre traîne ses pinceaux comme d’autres traînent leurs flingues. Une promesse de guerre le replonge dans un Hollywood poisseux, où chaque vérité laisse une trace.


The Painted crime, bd chez Glénat de Martino
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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L'histoire :

En 1947, Peter Graham, vétéran désabusé devenu détective privé vit d’enquêtes minables, entre filatures, adultère et petites arnaques. Ancien soldat, il garde un point d'honneur à tenir parole. Il décide d’honorer une promesse faite au front : retrouver Clark Brown, musicien de jazz noir, pour lui remettre une trompette liée à un ancien camarade tombé au combat. La recherche commence comme une démarche presque intime, un geste de réparation. Mais à mesure que Peter remonte la piste, le dossier change de nature. Les silences se multiplient, les témoins se dérobent, et les beaux décors d’Hollywood révèlent leur envers : pressions, petites lâchetés, violence froide. Avec l’aide d’un ami journaliste, Peter découvre que la disparition de Clark n’est pas un simple trou dans l’agenda d’un musicien, mais le symptôme d’un système prêt à broyer ceux qui gênent.

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Stefano Martino revendique clairement le grand héritage du polar des années 1940 et il le joue sans trembler : ruelles humides, bureaux enfumés, deals à demi-mot et coups portés hors champ – cette Los Angeles de façade où Hollywood brille surtout pour mieux masquer la pègre. On pense immédiatement à l’ADN d’un classique comme Le Grand Sommeil d'Howard Hawks : même goût pour les zones grises, les regards qui mentent, les puissants intouchables, et cette sensation que la vérité n’est jamais « propre », seulement plus ou moins utile, sans le côté glamour. Du côté du jeu vidéo, l’écho à L.A. Noire est évident : même ville-labyrinthe, même enquête qui s’enlise dans les coulisses, même malaise d’une époque où l’image publique vaut plus cher que l’innocence. Mais The Painted Crime ne se contente pas d’aligner les codes : il les ancre dans un héros qui en est le produit. Peter Graham n’est pas un privé « cool » ; c’est un homme cassé par la guerre, rongé par des souvenirs qui remontent sans prévenir. L’alcool n’est pas un accessoire de genre : c’est sa béquille, sa manière d’anesthésier la nuit, et en même temps le piège qui l’enferme dans une spirale qu’il tente, maladroitement, d’enrayer. Derrière ses silences et ses gestes mécaniques, on sent la fatigue d’un homme qui a trop vu, trop tôt — et qui continue pourtant à avancer, presque par réflexe. Ce qui le rend à la fois inquiétant et fascinant, c’est son instinct froid de soldat : quand la situation dérape, il n’improvise pas vraiment, il bascule sur un mode appris au front. Pas un héroïsme flamboyant, mais une logique de survie, sèche et pragmatique – celle qu’il dit avoir acquise en Alsace, quand il a compris que l’hésitation coûte parfois plus cher que la violence. Il y a chez lui quelque chose d’un tueur malgré lui : une capacité à lire le danger, à anticiper, à frapper vite si nécessaire… puis à porter le poids de ce geste après coup. Et c’est là que l’album gagne en épaisseur : le noir n’est pas seulement dans la ville, il est dans l’homme, dans ce tiraillement entre le désir de s’en sortir et la part de lui-même que la guerre a déjà confisquée.

voir la fiche officielle ISBN 9782344067246