L'histoire :
Pour reconquérir son épouse, trop longtemps délaissée, Yvain s'est donné le défi de se faire pardonner en multipliant les actes héroïques. Toutefois, pour garder le mystère, il porte un casque qui dissimule son identité, donnant naissance à la légende du « chevalier au lion », surnom lié au fauve qui l'accompagne dans ses aventures. Déjà en chemin vers une nouvelle mission, Yvain a accepté de représenter une jeune femme dans le conflit qui l'oppose à sa sœur aîné. Se querellant pour une question d'héritage et de succession, les deux frangines ont exposé leur différend auprès du Roi Arthur qui a décidé que le conflit se règlerait lors d'un combat opposant leurs champions respectifs. Et c'est fort logiquement que la sœur cadette a demandé de l'aide à celui qui multiplie les exploits sous le nom de « chevalier au lion ». Toutefois, en chemin vers le château du Roi, la jeune femme et son champion doivent faire halte pour la nuit. Ils arrivent néanmoins dans un lieu où sévissent deux fils du diable. Malgré les avertissements des villageois puis des prisonnières des deux frères maléfiques, Yvain décide de tout de même de se rendre au château pour y demander l'hospitalité pour la nuit. Accueillis sur place par le seigneur du château, ce dernier lui promet la main de sa fille s'il triomphe des fils du diable...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Troisième et dernière partie de la série basée sur les récits de Chrétien de Troyes, ce nouvel album signé Clotilde Bruneau nous propose de (re)découvrir les derniers événements qui ont fait la légende d'Yvain le chevalier au lion. On le voit ainsi affronter deux démons, livrer une bataille épique face à son grand ami Gauvain, puis rentrer chez lui pour tenter d'obtenir le pardon de sa femme. Si l'ensemble est fidèle à ce que l'on sait du chevalier de la table ronde, l'ensemble reste cependant monotone. On se contente en effet de suivre le héros face à ses défis... mais l'ensemble manque d'énergie et de souffle épique. Signant toujours dessin et storyboard, sous la houlette artistique de Didier Poli, Diego Oddi propose un visuel plaisant bien que très académique la plupart du temps. Les couleurs de l'experte Scarlett Smulkowski bonifient talentueusement l'aventure. Enfin Paolo Grella signe toujours la couverture. Bref, si l'ensemble est plutôt agréable à lire, il souffre cependant d'un manque de modernité flagrant qui aurait permis de redynamiser un récit de geste d'une autre époque. La série reste intéressante pour celles et ceux qui méconnaissent les gestes arthuriennes et le destin d'Yvain. Les autres resteront indéniablement sur leur faim.