L'histoire :
A son pupitre, sur une scène de théâtre, le professeur Factice Matois propose de braquer les projecteurs sur les traîtres célèbres qui ont laissé une empreinte indélébile sur le chemin de l’humanité. Par leurs actes perfides, ces félons ont contribué à écrire la légende de ceux qu’ils ont trahis, allant jusqu’à porter parfois la trahison au rang d’Art. Et tout commença, selon la mythologie chrétienne, par l’ange Heylel, un chérubin de Dieu d’une grande beauté, surnommé « l’astre de lumière ». Dieu lui confia la tâche de surveiller les humains qu’Il venait de créer, afin de juger de leur correcte évolution. Vexé d’être un vulgaire subalterne à devoir exécuter une tâche ingrate, malgré sa magnificence, Heylel fomenta un complot pour renverser Dieu du royaume céleste. Il monta une armée et une guerre fratricide déchira alors les cieux. Au terme de cette bataille apocalyptique, Heylel et tous les autres anges rebelles furent vaincus et condamnés par dieu à devenir des démons. Chassé du ciel, Heylel se réfugia dans le royaume du feu souterrain, il devint Satan. Et quitte à être désormais un prince d’ombre banni, Satan décida de foutre le boxon et de devenir un infâme tentateur. Il se mut par exemple en serpent et interpela Eve qui se baladait au pied d’un pommier…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le rabat cartonné de cette Incroyable histoire propose tout un tas de synonymes pour « traître » : délateur, espion, félon, parjure, perfide, faux-frère, indic, mais aussi Brutus, Pétain, Philby, Balladur, Sarkozy, Chirac ! La définition est claire : cette Incroyable histoire des grands traîtres aurait aussi pu se nommer « Incroyable histoire de la politique ». De manière chronologique, en partant des ancestrales origines religieuses (l’ange déchu Satan, puis le fratricide Caïn) et antiques (Alcibiade, Brutus, Judas et un préfet de Rome appelé…Macron !), les scénaristes Didier Convard et Jean-Christophe Camus, tous deux fort bien qualifiés pour retracer ce sujet, nous racontent les immondes perfidies qui ont forgé la triste réputation des grands traîtres de l’Histoire. Au Moyen âge, ce furent Frédégonde, Adalbéron, Magellan (portugais financé par les espagnols). Sous la période moderne, il y eut entre autres Guy Fawkes, Talleyrand, Esterhazy (qui envoya Dreyfus au bagne). Sous la période contemporaine, ils focalisent sur neuf autres grands traîtres, qui doivent surtout leurs titres de champions de la traîtrise à la seconde guerre mondiale. Parmi lesquels l’inévitable Pétain, le « curé du diable » collabo Robert Alesh, ou le français naturalisé allemand Monsieur Henri, sbire de Joseph Joanovici (lisez aussi Il était une fois en France !). Cette période contemporaine se termine évidemment par un focus sur notre 5e République, au sein de laquelle chaque président élu a quasiment trahi son prédécesseur. Les 25 focus authentiques sont essentiellement narrés en voix off par un conférencier moustachu fictif, complétées par une multitude de répliques apocryphes et cyniques des personnalités historiques mises en scènes par le dessin régulier et caricatural de Pascal Magnat, sur 180 pages.