parution 16 janvier 2026  éditeur Magnani  Public ado / adulte  Mots clés Chronique sociale

Manhattan driver

Déambulations mécaniques et mélancoliques au top, dans un New York intemporel sous forme de Movie thriller familial.


Manhattan driver, bd chez Magnani de Magnini
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

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    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

L'histoire :

1932. La grande crise frappe les Etats-Unis. 13 millions d’américains sont sans emploi. 773 banques sont ruinées, une usine sur deux ferme, les entreprises licencient et font faillite. John arrive à New-York en train, seul, et déambule dans les rues. Il s’arrête au Rosebud Diner, un petit snack de quartier, où une pancarte annonce recruter un cuistot. Après s’être installé, il aborde Liberty, la patronne faisant aussi office de serveuse, et lui demande le poste. Pris à l’essai, il travaille la journée comme il peut et retourne le soir aux frontières de la ville pour dormir, au bidonvile d’Hooverville. Un début de relation s’installe cependant entre Liberty et lui, bien que les choses restent à l’état d’amitié. C’est cette amitié et le fait que John était auparavant pilote, qui va décider Liberty à lui soumettre l’idée d’aller voir Mike, patron de la société de taxis O’Hara, au Sud de la ville. Il vient manger chaque semaine avec son équipe au Rosebud. Peut-être aura t-il un job pour son nouvel ami ? Pendant ce temps, John semble intéressé par un article expliquant le retrait du vieux Henry Ford de la société familiale qu’il a créée deux décennies plus tôt. Il laisserait la main à son futur gendre, l’ex champion de courses automobiles Griffith. Pourquoi cet intérêt ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Si l'on devait juger cette « course » BDphile à l'aune de ses arguments esthétiques, elle remporterait la palme. Car elle suit la route de grandes œuvres telles Pittsburgh de Frank Santoro (Ça et là, 2018), bien que Florent Magnani nous ait déjà habitués à son « dessin » très coloré et presque difforme, réalisé à la peinture à l'huile, dans ses précédentes publications au sein de la maison indépendante qu'il a fondée en 2011 à Paris. Cela dit, son scénario, construit sur une base solide de cinéphile amoureux, nous embarque tout autant, brouillant au passage la Timeline, mixant les références. On ne réécrira pas la superbe préface rédigée par Jean-Baptiste Thoret, mais l'amour que l'auteur voue au cinéma depuis son enfance, déjà fortement évoqué, entre autres dans ses précédentes publications : Cinefils et Cinéma paradis, trouve là un nouvel écrin, encore plus justement inscrit dans le processus narratif graphique. En effet, Julien Magnani, s'il défend la belle ouvrage et la bibliophilie, n'a pas publié que des bandes dessinées. Ses premières œuvres Le voleur de mers ou La femme chat sont davantage à classer dans la catégorie albums jeunesse, avec une imposante recherche esthétique et conceptuelle. Si cet aspect esthétique reste une forte valeur ajoutée, pour qui apprécie les livres modernes et colorés, souvent œuvres d'étudiants en écoles d'art (Magnani venant de l'école Estienne), ce dernier maîtrise aussi parfaitement sa narration. Il déroule un riche scénario mélodramatique, mêlant thriller, road trip intérieur et évocations cinéphiles, sous forme de mise en abîme. Le temps s'arrête, pour nous compresser entre la crise des années 1930, la fin du (premier) empire Ford, en 1947, donnant lieu à un élément important de l'intrigue, et le milieu des années 1970, où l'hommage cinématographique à Brian de Palma, via Hitchcock, conclut l'histoire. Prenant, émouvant, intriguant, mêlant avec grande finesse suspens, scènes d'actions haletantes (les poursuites automobiles - hommage au film Redline 7000, entre autres) et déambulations quasi documentaires dans l'univers ouvrier Newyorkais, ce Manhattan Driver possède tous les atouts d'un très bon livre et d'un futur grand film. « I Wanna Be Your Driver ! »

voir la fiche officielle ISBN 9791092058789