L'histoire :
Au XVe siècle, les terres du Groenland sont déjà conquises par les peuples vikings. Beaucoup d’entre eux ont commencé à renier l’existence de leurs dieux et se sont tournés vers le christianisme. Björn l’aimé-des-ours est un viking solitaire s’étant écarté des différents clans présents sur ces terres glacées. Berger solitaire, il passe le plus clair de son temps dans les hauteurs en compagnie de son fidèle chien et de son faucon. Mais un jour, alors qu’il part jeter un œil à son troupeau, il trouve ce dernier massacré. Autour des dépouilles, Björn trouve des traces semblables à celle d’un puissant ours aux proportions monstrueuses. Afin de subsister, le héros viking prend la route du village le plus proche, pour découvrir un morceau de civilisation tombé sous le joug des prières archaïques d’un prêtre catholique. Mais ce n’est pas la seule menace qui plane sur le village. Björn va très vite découvrir que quelque chose de sinistre se profile à l’horizon. Les éléments se déchaînent, des hordes sauvages massacrent de pauvres innocents dans les montagnes, les animaux sont hors de contrôle… Le ragnarok menace et personne n’est à l’abri.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec cette première partie de la saga Greenlander, le scénariste Christophe Bec et le dessinateur Przemyslaw Klosin signent une aventure excitante qui promet de belles choses pour la suite. En utilisant un contexte historique réel – celui de l’installation des peuples vikings au Groenland et leur changement de dogme et de religion – Bec instille une certaine crédibilité dans un récit qui glisse au fur et à mesure de sa progression vers le fantastique et l’horreur. Toute l’aventure nous est présentée du point de vue de Björn, qui n’est pas sans rappeler le fameux Druss des romans de David Gemmell. L’attachement à ce personnage est presque immédiat. Le scénariste parvient à s’écarter des clichés associés au viking dans les bande dessinées, avec un personnage marqué par sa vie d’avant, calme et réfléchi, contrairement aux masses de muscles stupides qui nous sont servies d’habitude. L’avancée de l’histoire est également très fluide avec une construction sous forme de thriller fantastique qui annonce quelque chose de fort et d'épique pour sa conclusion. Même constat pour la partie graphique : Klosin reste fidèle aux représentations des peuples vikings, qu’il s’agisse des vêtements, des bâtiments et des looks des personnages. L’ensemble est clair, détaillé et finement étudié et composé. Greenlander est une excellente surprise qui donne très envie de découvrir la suite des aventures de Björn le viking contre le ragnarok. Une très bonne pioche en ce début d’année !