L'histoire :
17 heures. Ouf ! L’école est enfin finie pour Petiot et tous ses camarades. Mais Petiot a encore eu une punition à rendre pour demain. Il faut dire qu’il a du mal à se concentrer en classe, surtout si c’est pour faire quelque chose qui ne l’intéresse pas, comme les tables de multiplication. Sa mère dit que c’est à cause des écrans… À la sortie des cours, le jeune garçon propose donc à son ami de lui prêter sa console Smitch s’il fait sa punition pour demain. Mais c’est un échec. Au loin, les deux camarades voient une sorte de manifestation bruyante et ô combien animée. C’est la gueux-pride. Les gueux ne sont pas contents et comptent bien le faire savoir. Il faut dire que le Roi a taxé tous les écus. Les gueux ne peuvent donc plus aller au kebab ou acheter de la bière. Autant dire qu’ils ne sont pas contents et que la colère gronde ! Petiot ne comprend pas : ce n’est pas une raison pour faire tout un bazar. Lui, quand il n’est pas content, il reste enfermé dans sa chambre et c’est très bien comme ça. Mais il apprend que les gueux ne sont pas sortis dans la rue tout seuls : c’est le syndicat qui leur a dit de manifester. Le syndicat c’est apparemment comme un super-héros archi balèse qui dégomme tous ceux qui ont du pouvoir. Un gras trop fort qui peut demander au Roi de rendre l’argent ! Quand Petiot rentre chez lui, il est galvanisé par ce Saint-Dyka et la puissance de la gueux-pride. Aurait-il enfin trouvé le moyen de ne pas mettre la table et sortir les poubelles… ?
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Dans un univers hybride mêlant codes médiévaux et références contemporaines, Petiot – Dingueries et bolosseries s’inscrit clairement dans la lignée des BD d’enfance irrévérencieuses façon Titeuf ou Kid Paddle. On suit Petiot et une bande de gamins plus préoccupés par leurs bêtises que par leurs ambitions héroïques, malgré des rêves de chevalerie. Découpée en gags sur une seule page, la BD enchaîne les situations décérébrées, entre défis absurdes, provocations et fascination maladroite pour tout ce qui leur échappe, notamment le monde des adultes ou celui des filles. De fait, l’école devient un simple décor, prétexte à prolonger cette dynamique de groupe fondée sur la transgression et la complicité. Mais derrière cette succession de gags, Peter Bruder capte une énergie familière, faite d’insouciance et de besoin constant de repousser les limites. L’influence de ses modèles est assumée, tant dans le ton que dans la mécanique humoristique, avec une priorité donnée à l’efficacité, notamment à travers du cadre anachronique qui apporte un décalage salvateur, en permettant d’introduire des thématiques actuelles sans alourdir l’ensemble. Graphiquement, le trait simple et expressif accompagne ce rythme soutenu, en privilégiant la lisibilité et l’impact comique. Avec ce premier album, Peter Bruder revendique clairement ses influences et propose une variation énergique de cet humour générationnel dans un monde fantastique à mi-chemin entre moyen âge et notre époque.