L'histoire :
Madeleine a 14 ans pendant l’Occupation. Elle s’ennuie toujours à l’école. Elle traine les pieds pour aller en classe, se laisse distraire par la mésange à la fenêtre. Un jour, Anna vient s’asseoir à côté d’elle. Elles ne se quitteront plus. Elle aime les moments d’intimité avec elle. Elle a la chance d’être sa meilleure amie. A la maison, seul le chien lui fait la fête. Madeleine rêve de fuir ce paysage sans relief. Le dimanche, elle ne va plus à la messe. Elle enfourche sa bicyclette jusqu’à la grande maison au fond du parc. Elle y retrouve Anna, si belle, si intelligente, sa famille incroyable, son piano. Anna lui a présenté son cousin Joseph, elle le trouve beau. Dimanche après dimanche, ils flânent de plus en plus longtemps dans le parc. Joseph parle peu, il rêve tout haut de montagnes, de neiges éternelles, de glaciers. Pour Madeleine ce monde n’existe pas. Elle ne connaît que la plaine et la douceur de sa bouche.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le premier amour marque toujours ! Pendant l’Occupation, Madeleine tombe amoureuse d’un garçon d’origine juive, qui rêve d’alpinisme. Du jour au lendemain la famille juive de Joseph disparaît et ne réapparaîtra jamais. Devenue adulte et après avoir survécu à la tuberculose, Madeleine veut découvrir les montagnes. Nostalgique d’un passé évanoui, elle s’initie à l’escalade, une manière pour elle de continuer à faire vivre le souvenir de Joseph et Anna. En se rapprochant des cimes des montagnes, en se dépassant physiquement et psychologiquement, elle va grandir, s’émanciper progressivement de la mélancolie qui l’habite. L’écriture de Thomas Lusenberg est délicate, raffinée. Le choix de la narration est original. Sur la page de gauche se trouve les courts textes de l’histoire et sur celle de droite les cases muettes de la BD. Le lecteur profite pleinement des dessins aux teintes un peu froides. Une belle lecture qui donne envie de grands espaces, de nature et de silence propice à l’introspection.