L'histoire :
Le 14 juin 1940, l’armée allemande entre dans Paris et occupe la capitale française pour 4 ans. Les autorités d’occupation occupent alors les plus beaux hôtels. Pour la plupart, les parisiens sont rationnés, en nourriture et en chauffage. D’autres, en fonction de leurs origines ou de leurs activités, sont plus radicalement opprimés ou déportés. Une Résistance s’organise donc, brutalement réprimée. En juin 1944, l’espoir d’une libération se concrétise lorsque les troupes alliées débarquent sur les côtes normandes et se met en marche vers l’intérieur des terres pour les libérer. Le 31 juillet, la percée d’Avranches ouvre la voie pour une libération totale. A Paris, les choses se compliquent : les complications dans les transports rendent l’approvisionnement de plus en plus aléatoire. Les grossistes ne reçoivent plus que 800 tonnes de marchandise par jour, lorsque les besoins sont à 2000. L’électricité est rationnée en journée, les parisiens ne bénéficient de la lumière artificielle qu’à partir de 22h30. Les cheminots se mettent en grève. L’état-major américain accepte que ce soient les troupes armées de la France libre qui s’occupent principalement de la libération de la capitale. Un plan de libération est donc mis au point par de Gaulle, Leclerc et Chaban, tandis que les troupes américaines contourneront Paris sur la route vers le Nord Est…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
La libération de Paris, en août 1944, tient bien sa place au sein de la collection des Grandes batailles de l’histoire de France des éditions Plein Vent. Quand on a été plus ou moins assidu aux cours d’Histoire du lycée, les images des jeeps américaines traversant la foule, les françaises en jupette, la liesse populaire bleue-blanc-rouge, restent en mémoire. Pour autant, Paris ne s’est pas récupérée en un jour. Entre les américains, l’armée de la France libre animée par de Gaulle et les FFI (forces françaises de l’intérieur, plutôt communistes sur la Capitale), les ambitions d’être glorifiés en tant que libérateurs étaient fortes et rivales. Les américains ont rapidement accepté de laisser la libération de Paris aux français ; puis c’est de Gaulle, avec le dévouement du général Leclerc, qui prit surtout les devants et organisa le plan d’attaque. Cet album parvient plutôt pas mal à retracer la chronologie et les avancées des différentes forces en présence, malgré la difficulté, les nombreux acteurs, lieux et itinéraires. Cette réussite est à mettre au crédit du scénariste Jean-François Vivier qui n’a pas dû avoir la tâche aisée de synthétiser la matière première des nombreuses archives en 46 planches. Il s’appuie sur la griffe artistique plutôt réaliste de Régis Parenteau-Denoël, bon recopieur de documentation concernant les bâtiments, mais aussi plus irrégulier concernant les personnages et leur expressivité limitée. Ainsi, en dépit de quelques cases spectaculaires (de liesses ou de batailles), quelques séquences sont aussi plus sommairement réalisées, en mode automatique. En p.38, un plan essentiel est fourni pour mieux comprendre la logique de cette bataille – l’iconographie source d’époque est reprise en pages de garde.