L'histoire :
Peter Pan et Oliver Twist se sont rencontrés dans le Londres victorien de l’année 1888. Après avoir quitté Nerverland, le monde féerique où les enfants ne vieillissent plus, Peter tente de retrouver Wendy et d’échapper au capitaine Crochet. Vêtu de son rutilant costume de capitaine, ce manchot riche et cruel est à la recherche d’une « mère »… mais dans sa quête de dément, il éventre les prostitués de Whitechapel. La presse a déjà surnommé ce tueur : Jack l’éventreur. Or les deux gamins découvrent par hasard la machine à remonter le temps de HG Wells ! Ils s’en servent pour remonter 10 ans en arrière et découvrir la maman d’Oliver durant les quelques jours de vie qui lui restent, juste après avoir accouché d’Oliver. Hélas, la fatalité les rattrape. Au moins Oliver peut-il tenir la main de sa maman au moment où elle passe de vie à trépas. Ils restent quelques jours bloqués à cette époque, dans un orphelinat, tandis que Crochet, dans une autre époque, a mis la main sur Wendy, devenue adulte. Avec l’aide de la poussière d’étoile de la fée clochette, il la rapatrie à Neverland pour un mariage forcé en grandes pompes, devant tous ses marins, sur le pont du Jolly Roger…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le scénariste Philippe Pelaez poursuit le développement de son cross-over original et pluriel entre différentes œuvres ayant pour contexte le Londres Victorien. Pour héros, les jeunes Peter Pan (de JM Barrie) et Oliver Twist (de Charles Dickens) fuient un capitaine Crochet qui n’est autre que Jack l’éventreur et ils empruntent la machine à remonter le temps de HG Wells. Or plus qu’un patchwork, tout cela fait sens autour des thématiques fortes des deux romans maîtres : le désir de jeunesse éternelle et la recherche d’amour maternel. Pelaez se paie en effet le luxe de réécrire une histoire globale différente en utilisant les ingrédients des œuvres originelles (Neverland, la poussière d’étoile, Crochet, les petits voleurs de Fagin…), et en explorant les origines de la vilénie de Crochet. C’est culotté et réussi, surtout si ces histoires vous ont jadis émues à la lecture. En outre, le dessin de Cinzia de Felice se hisse à un haut niveau d’exigence graphique, à la fois romantique sur les personnages, leurs expressions, leurs costumes et leurs postures, et détaillé quant aux décors nocturnes urbains de Londres, ou merveilleux et lumineux de Nerverland. L’ensemble se complète d’une colorisation riche, mesurée, chaude et ouatée de Florent Daniel. La première édition de cette édition participative comporte aussi un cahier graphique de 8 pages situé en fin d’album. Un troisième tome est à venir, qui conclura cette revisite étonnante des légendaires héros.