L'histoire :
Fausto, Ciro et Gian garent leur camionnette dans une ruelle pluvieuse de Gênes. Ils sont venus pour déménager quelques œuvres d’art pour le compte d’un collectionneur aussi puissant qu’arrogant. Ils sont accueillis par l’épouse de cet homme, une belle et affable femme, qui accepte d’être « butinée » dans un coin à l’ombre de la cave par Fausto. Une fois leur besogne accomplie, ils s’en vont manger une frite et de la junk food dans un snack. Ils causent métaphysique et sens de la vie. Puis ils se rendent dans un quartier délabré de la ville, pour un nouveau rendez-vous avec un « gars ». Ils pénètrent dans le jardin laissé à l’abandon depuis des années d’une ancienne belle villa délabrée. Un curieux personnage oriental qui parle mal l’italien les accueille et les invite à entrer. La demeure regorge de pièces de collection, d’antiquités et de… bordel kitsch. A la lumière d’une bougie, l’homme leur propose de participer à une séance de spiritisme et de divination autour d’un guéridon. Ils se plongent tous quatre, bon gré mal gré dans cet exercice étrange. Et Fausto se sent soudain l’âme d’un chevalier en armure rococo. Epée à la main, dans l’obscurité cosmique, il se met à combattre les forces du mal…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Les « esprits célestes » apparaissent dès le premier livre de la Bible et sont souvent représentés dans les peintures de la Renaissance sous la forme de chérubins annonciateurs (de l’incarnation, de la résurrection…). Dans cet album de l’italien Michele Peroncini, auteur complet, ces « esprits » sont incarnés par trois gentils voyous qui magouillent à Gênes à notre époque. On ne comprend pas trop leur but dans la vie, leur raison d’être et de se « mouvoir »… Ils sont finalement aussi vaporeux que le sont les anges. Alternant les griffes et les techniques, avec ou sans contour de forme, tantôt réaliste, tantôt stylisé, le dessin de Peroncini a toutefois du chien. Il lui manque cependant un scénario et un peu de savoir-faire dans la construction séquentielle. Cette histoire mettant en scène trois magouilleurs à la fois déménageurs, séducteurs, mafieux et philosophes dans la ville de Gênes (jamais vraiment identifiée) se révèle pour le moins patchwork. Qu’il soit bavard ou muet, limpide ou hermétique quant aux actions des personnages, le découpage dense ne permet jamais de saisir clairement les intentions de l’auteur, qui fournit tout de même une chronique contemporaine très Commedia dell’arte de 160 pages.