L'histoire :
Agée de 7 ans, la petite Syl est conduite par sa maman jusqu’à la gare du Trans-Iceland. Fille de parents divorcée, elle doit rejoindre son papa dans la cité Europa, pour la garde partagée… et comme c’est la première fois qu’elle prend ce train seule, elle a un peu peur. A côté d’elle, un autre enfant lui propose une partie d’échecs. Dans le même wagon un gros monsieur en costume semble être quelqu’un d’important, car il est accompagné d’un garde du corps. Le train démarre et file à travers le désert glacé à 800km/h… mais soudain, il se met à vibrer et en quelques secondes, il déraille violemment. Heureusement, Syl était attachée par sa ceinture. Contrairement à la plupart des passagers, elle survit ! Son voisin joueur d’échec n’a pas eu cette chance : il est allé s’empaler sur un tube de métal. Les survivants, parmi lesquels le gros monsieur, enfilent des tenues isothermes et sortent du train pour trouver un refuge en attendant les secours. A l’extérieur, ils découvrent qu’ils sont au milieu d’une ville en ruines et glacée. Ils installent un feu de camps dans un sous-sol, pour y passer la nuit. Ils sont alors attaqués par des yétis mutants carnivores, qui font un carnage. Le garde du corps parvient à sauver son client en tuant les yétis… mais c’est pour mieux le trahir dès qu’ils sont seuls. Il loge une balle dans le crane du gros monsieur. Le déraillement était visiblement un infâme moyen de travestir l’assassinat en accident. Le garde du corps se retourne alors vers Syl, pour abattre ce dernier témoin gênant…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le quatrième et avant-dernier tome de Cyborg démarre de manière autonome par rapport aux trois précédents. Le scénario de Jean-Luc Istin nous donne à suivre le tragique destin de la petite Syl qui, à la suite d’un attentat sur un train transsibérien dans lequel elle était passagère à l’âge de 7 ans, se retrouve amputée des deux jambes et aveugle. Très linéaire, ce récit d’anticipation et de SF de série B ne fait pas trop dans la subtilité. Par exemple, avec sa tête de père Noël mais son corps athlétique, le père de la fillette, passionné de motos et super combattant, arrive sur les lieux de l’accident (à 400 bornes de l’arrivée) avant les secours et à travers un milieu glacial arctique. Et puis, puisqu’il est passionné de moteurs, évidemment, il fabrique des supers prothèses lui-même à sa fille, afin qu’elle remarche et qu’elle revoit (bon, ok, la vue, ça prend quelques années tout de même…). Le titre de la série-concept Cyborgs est ainsi cohérent… à défaut de reposer sur un scénario subtil. Il faut attendre la page 51 (sur 56) pour que la jonction soit faite avec les 3 autres tomes… et que le cliffhanger nous mette en marche vers la 5e et dernier tome de la série, à venir. Certes un tantinet académique, le dessin d’Alina Yerofieieva se révèle abouti et parfaitement en phase avec le registre d’anticipation et d’action, surtout pour les décors urbains, les exosquelettes high-tech et le dynamisme des scènes d’action.