L'histoire :
Fanny est réveillée de bon matin par la réception d'un SMS. Elle voit le nom d'Olga, sa petite amie, apparaître sur l'écran et cela lui redonne instantanément le sourire. Mais lorsqu'elle découvre le contenu du message, rien ne va plus. Olga la largue, la traite de conne. Fanny passe davantage son temps sur les applis de rencontre qu'avec sa propre petite amie. Pour Olga, ce n'est pas faire couple, c'est juste une relation toxique. Fanny s'énerve. Comment ça, elle se fait larguer par SMS ? Une belle journée en perspective... Elle se lève et se prépare. Sur le chemin du travail, elle se dit qu'elle pourrait tester une nouvelle appli : Cinder. Elle crée son profil et commence à swiper. Au boulot, sa collègue Félicie remarque directement que Fanny s'est remise sur les applis. Elle lui demande si tout va bien avec Olga en ce moment. Fanny élude la question et oriente la conversation sur d'autres rails. Les jeunes femmes se font reprendre par leur responsable : qu'elles attendent la fin de leur service pour leurs discussions de PMU, et qu'elles ne parlent pas de ça devant les clients du café ! Félicie continue : est-ce qu'elle a prévenu Marius, son meilleur ami, de sa séparation avec Olga ? Fanny s'agace : le prévenir, pour qu'il la sermonne ? Elle lui dira en temps voulu. Elle s'est déjà remise sur les applis en mode fast-food du love. Félicie est surprise de sa vision des choses. Elle, sur les applis, elle cherche quelqu'un avec qui elle peut discuter... Même si pour ça elle doit passer par des photos alléchantes.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Dans un essai publié chez Zones, Richard Mèmeteau propose d'expliquer « comment (bien) rater sa vie amoureuse à l'ère numérique ». Ce professeur de philosophie s'est en effet intéressé aux applications de rencontre et à la manière dont elles confrontent leurs utilisateurs à leurs propres frustrations, en leur faisant miroiter la promesse de réussites sexuelles et amoureuses. Si les essais de cet éditeur sont très bien faits, ils restent néanmoins classifiés dans le registre des livres difficiles d'accès. Aidé par Colin Atthar aux illustrations, l'auteur de l'essai rend accessibles ses réflexions à travers le médium de la bande dessinée, plus simple d'accès. Comme le format change, le parti-pris aussi. Ils transposent les grandes idées de l'essai à travers une fiction et des personnages qui vont réellement expérimenter diverses approches des applications de rencontres. Ainsi, nous suivons Fanny, Félicie et Marius, qui ont l'habitude d'utiliser ces applis, mais qui n'ont pas les mêmes visions de leur utilité. Ils ne recherchent pas la même chose, mais ils vont tous avoir des bonnes et des mauvaises surprises. Surtout lorsqu'un mystérieux compte, façon Gossip Girl, se met à commenter leurs expériences les plus intimes. Qui se cache derrière ce compte étrange ? L'illustrateur utilise une bichromie rose et bleue pour mettre en scène les personnages, mais cela n'est pas toujours très lisible. Quant au scénario, si l'idée de fond est pertinente, sa mise en application n'est pas toujours la plus efficace. On se perd dans les transitions, dans une narration un peu brouillonne. De plus, pour mettre en avant le côté numérique de ces nouvelles relations, les auteurs ont inséré des encarts de conversations numériques. Une idée qui a toute sa place face au sujet, mais qui, là-encore, n'est pas toujours la plus lisible.
