L'histoire :
Dans une ferme calme et tranquille, à l’abri du monde er des regards, vit la belle mais pauvre Ilona. Elle a beaucoup de travail pour s’occuper de sa vieille mère souffrante. Elle doit tout faire pour tenter de survivre et d’obtenir de quoi se nourrir. Au tour de ce vieux sadique qui manie aussi bien la trique que la sienne… Il la rabroue durement alors qu’elle est occupée à coiffer sa poupée. Pour lui, il y a plus important et plus urgent que ces vaines occupations et il compte bien le lui faire comprendre. Armé de sa cravache, il la regarde de façon féroce. Il n’hésite pas à donner plusieurs coups secs sur le dos et les fesses. Son corps est déjà bien marqué par les nombreux coups qu’elle a reçus. Heureusement, elle est docile. Il lui ordonne de prendre son sexe dans son joli minois. Pendant qu’il la prend violemment par derrière, il lui fait la morale. Cette traînée a besoin d’une leçon pour expulser le malin qui l’habite ! Après des ébats explosifs, il lui jette au visage un concombre en guise de remerciement.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cela commence par un texte poétique et cela finit en voyage aux enfers. Entre-temps, on découvre la nature humaine crasse, méchante et sordide. Cet étrange album de Luca Laça Montagliani oscille entre dénonciation des hommes et du viol et plaisirs sado-masochistes. On ne sait pas trop s’il faut être excité ou révolté devant les scènes X, ni s’il faut avoir pitié de la pauvre Ilona ou s’il faut baver devant ses formes affriolantes. Sorte de Druuna gothique, Ilona n’est qu’un objet sexuel qui n’arrive plus à trouver sens à sa vie et le final n’aide pas à y comprendre quelque chose, tant il est brutal et sans équivoque. C’est presque Les contes de la Crypte qui feraient un détour dans le porno. S’ensuit une scène très particulière où des Démons dissertent philosophie dans un lac glacé de l’Enfer. Tout ce mélange disparate et dissonant est peut-être voulu pour gêner le lecteur, mais au final, l’ensemble fait vide et ce n’est pas parce qu’on y ajoute quelques belles phrases poétiques que la BD brille par son intelligence. On se consolera néanmoins facilement avec le dessin XXL (tout comme les formes de ces créatures féminines) d’Andrea Bulgarelli. Le noir et blanc est superbe et rappelle les grandes heures de Vampirella. Le trait ciselé fait mouche. Une belle éclaircie dans les ténèbres.