L'histoire :
Le 31 janvier 1972, un avion en provenance de Paris atterrit à La Paz, capitale de la Bolivie. A son bord, des journalistes débarquent, menés par Ladislas de Hoyos. Leur cible est précise : trouver l’homme qui s’appelle Klaus Altmann. En effet, Beate et Serge Klarsfeld sont sûrs que cet homme n’est autre que Klaus Barbie, le terrible leader de la Gestapo à Lyon, responsable de nombreuses déportations et de la mort de Jean Moulin. L’équipe se rend au ministère de la Justice, mais l’accueil n’est pas des plus chaleureux. Rien d’étonnant car le général Banzer a réussi à écarter ses opposants grâce aux armes que lui a fournies Herr Altmann. Ils comprennent donc rapidement que l’homme est inaccessible. Mais ils ne baissent pas les bras et font des recherches auprès de son entourage. Ils découvrent même que l’homme a été vu dans un bar, complètement ivre, jouant du pistolet et se vantant d’avoir fait partie de la Gestapo. Finalement, après des semaines d’enquête et de recherche, ils parviennent à acheter des gens pour se rapprocher de Klaus Altmann. Petit à petit, Ladislas de Hoyos parvient enfin à obtenir une interview…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Dans sa collection Graphic, Urban publie un album consacré au tristement célèbre Klaus Barbie, le chef nazi de la Gestapo à Lyon. Ce documentaire revient de façon exhaustive sur toute la vie de ce sinistre personnage, de son accession au nazisme jusqu’aux atrocités qu’il a commises en France. Puis, comme son titre l’indique (« la route des rats » étant un chemin de fuite des nazis favorisé par… les Américains), toute l’existence de Barbie en Amérique Latine sous le faux nom de Klaus Altmann. On assistera enfin au célèbre procès de celui qui fut le premier à être condamné pour crime contre l’humanité en France. Pour une BD, l’album est étonnant, tant le propos est précis et fourmille de détails. Vous saurez tout sur la terrible période de la seconde guerre mondiale entre L’avenue Berthelot de sinistre mémoire – le fief de la Gestapo – les exactions de la milice française, les traques et les tortures incessantes, le massacre du fort de Côte-Lorette, l’assassinat de Jean Moulin. Mais l’ignoble tableau de chasse de Barbie ne s’arrête pas là, puisqu’on voit ensuite ses liens avec le banditisme en Bolivie, ses actions sanglantes contre le communisme et même l’assassinat de Che Guevara qui pourrait lui être imputé… Criminel de guerre, mafieux, assassin, tortionnaire, violeur, il est presque le mal incarné. Cet album est d’une construction redoutablement efficace. On termine sur les témoignages insoutenables des victimes de Klaus Barbie avec, en point d’orgue, la narration effroyable de l’horreur d’Auschwitz. A noter que Jean-Claude Bauer est au dessin et lui-même a fait partie intégrante de l’histoire, puisqu’il a été l’un des dessinateurs du procès de Barbie. On sent en effet le style un peu figé, parfois, des portraits, mais les dessins sont plutôt agréables, notamment ceux en couleur sépia qui reviennent sur le passé nazi. Cette œuvre forte rappelle à quel point il est indispensable de se souvenir pour éviter de revivre le pire.