L'histoire :
Charlie Brown se promène dehors en dégustant une glace. En chemin, il croise le chien Snoopy qui ne le lâche plus d’une semelle. En effet, le voilà soudainement très intéressé par la glace de Charlie. Comme il s’en doutait, Charlie Brown accélère le pas pour le semer mais en vain. Snoopy se met à lui sauter dessus. Patty passant par là observe la scène puis conseille à Charlie de ne pas chercher à éviter Snoopy. Plus il tente de fuir et plus le chien lui court après. Patty explique à Charlie que le mieux qu’il ait à faire est de ne plus bouger. Charlie s’exécute, s’arrête et regarde dans les yeux Snoopy. Soudain, le chien engloutit la boule du cornet de glace. C’est maintenant Patty qui se met à courir avec, derrière elle, un Charlie Brown très énervé… Le petit Linus aperçoit une balle rouge dans le salon. Marchant à quatre pattes, il se déplace doucement pour la récupérer. Snoopy arrive plus vite que lui et prend la balle dans sa gueule. Linus frustré de s’être fait doublé, dégaine sa main et fait un « pan » vers Snoopy…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Les éditions Dargaud présentent le premier tome d’une série consacrée à l’œuvre de Charles M.Schulz, Les Peanuts, mais dans leur version en couleurs des années 1952 à 1955. Charles Schulz façonne un univers d’apparence simple, peuplé d’enfants, mais traversé par des émotions profondes, presque adultes. Sous le trait dépouillé et les décors minimalistes, se déploie une comédie mélancolique où chaque gag dissimule une vérité sur la fragilité humaine. Au centre de cet univers, se tient Charlie Brown, héros sans victoire, champion de la persévérance inutile. Autour de lui gravitent des figures qui semblent enfantines, mais parlent comme des philosophes. Lucy, dure, brillante et autoritaire, impose sa loi morale avec un aplomb tyrannique. Linus, son frère, offre un contrepoint, il est sensible, réfléchi, souvent plus sage que son âge ne le permettrait, il s’accroche à sa couverture comme à un talisman contre la peur de grandir. Snoopy, encore proche du chien ordinaire révèle déjà une distance ironique face aux humains. Silencieux, rêveur, il semble vivre dans une réalité parallèle, où l’imagination adoucit la banalité du quotidien. Ce qui distingue les Peanuts de ces années, c’est un humour doux-amer, jamais cruel, toujours teinté de compassion. On rit des personnages, mais on se reconnaît en eux. Schulz ne ridiculise pas l’enfance : il lui prête une gravité, une lucidité, une vulnérabilité qui la rendent universelle.