L'histoire :
A Hollywood on l'appelle « l'arrangeur ». Pourquoi ? Parce que quand on est une star, on peut déraper. En fait, une star, ça dérape. De façon spectaculaire, avec une intensité, une variété qui ne peut naître que d'une imagination nourrie par des ressources illimitées. Quand ces gens-là ont dérapé, ils paniquent. Les plus intelligents, ou disons les moins cons, ont parfois assez de plomb dans la tête pour prévenir leur agent, leur avocat, la boss du studio. Leur mère de substitution, quoi. Et leur maman ou Tartempion, ils appellent Freddie. Ils lui disent : « Freddie, pour l'amour du ciel, va vite nettoyer ce bordel, je t'en supplie ». Alors ce matin ensoleillé, Freddie pointe dans un motel. Il localise la chambre, tape à la porte et entre. C'est une vieille connaissance qui a besoin de lui. L'ennui, c'est qu'il est encore sous sa forme de loup-garou et qu'il tient une tête dans une de ses mains. Une tête qui a appartenu à un gars appelé pour une partie de cache-salami mais qui a fini par trop énerver Lou, le garou...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Les lecteurs assidus de comics savent bien que parmi les gars qui écrivent régulièrement des p****** d'histoires, Garth Ennis se place toujours dans le peloton de tête. L'Irlandais, tout le long de sa carrière, prend un pied géant à égratigner l'Amérique et on donnerait cher pour passer un moment avec lui autour d'une bonne bière et lui demander si ce n'est pas un fil conducteur depuis des plombes, ou du moins si ce n'est pas une madeleine de Proust pour lui que d'allumer régulièrement la société ricaine. Alors direction Hollywood, où il va remplacer le strass et les paillettes par une nouvelle galerie de gros salopards et les starlettes par de la viande étripée à cause de loup-garous, zombies et autres vampires. Hé oui c'est ça le truc, on nous vend du rêve mais on n'a pas idée de ce qui se trame en réalité. Ça, vous l'avez compris, c'est le contexte de sa nouvelle série. Et comme ces créatures extraordinaires doivent bien sûr rester dans l'ombre, quand il y a de la casse (et forcément il y en a et pas qu'un peu), il faut un bonhomme qui va effacer les traces du merdier foutu par ces bestioles sanguinaires. C'est là qu'entre en scène Eddie, une sorte de serviteur que tout ce petit monde surnaturel respecte, parce qu'il rend des services, bien sûr mais qu'il sait aussi poser des limites. Alors autant vous le dire tout de suite, dans la masse des sorties mensuelles, celle-ci, vous ne devez pas la louper, car Delcourt a tapé fort avec cette édition au format BD franco belge et une offre qui casse tout si on réfléchit au rapport qualité/prix. 10 balles ! Surtout que côté dessin, c'est Mike Perkins qui mène la danse et le garçon, c'est aussi du tout bon. Trop longtemps cantonné à l'encrage, l'anglais a depuis révélé plusieurs fois son talent, on pense en particulier à ses adaptations de Stephen King ( The Stand et Le Fléau) mais il a aussi depuis bourlingué pour tous les éditeurs majeurs. Voilà donc un pur divertissement, de ceux dont on peut se dispenser, mais surtout qu'on ne regrette pas d'avoir acheté.