L'histoire :
Il marche seul dans la forêt, déterminé et insensible à la fatigue. Le jeune Reynard est prêt à tout pour atteindre son objectif, quitte à y laisser la vie. Un loup le suit, les yeux rouges perçants la pénombre. Reynard court de plus belle mais le loup continue à le poursuivre. Il arrive ensuite dans une clairière et il sort un couteau. Une mauvaise surprise l’y attend car plusieurs loups sortent des buissons et l’encerclent ! C’en est fini désormais mais une lumière verte intense jaillit et un miracle se produit. Une femme à la tenue d’un noir de jais repousse aisément les loups affamés. Elle se présente : Maléfique, la sorcière qui règne sur la Montagne Interdite. Reynard n’est pas heureux que pour sa vie : c’est elle qu’il cherchait. Tout le monde entend des contes et histoires sur la puissance de Maléfique et beaucoup la craignent. Elle regarde, amusée, le jeune écervelé. Il raconte alors qu’il ne supportait plus sa vie de famille lisse et rangée, faite de règles et d’autorités. Il a soif d’aventure et il voulait rencontrer la plus grande sorcière de tous les temps !
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Panini continue ses adaptations Disney en proposant cette fois un titre d’un personnage emblématique de la firme : Maléfique ! Prévue en plusieurs tomes, la série s’inspire quelque peu du film de 2014 avec Angelina Jolie au rôle titre tout en proposant des récits inédits. L’opus démarre d’ailleurs de la même façon que le film avec un jeune homme qui va briser la solitude de la sorcière noire. Cependant, le reste s’éloigne du film pour proposer un récit en plusieurs volets parfaitement maîtrisé et plein d’aventures. Soo Lee réussit le tour de force de respecter le personnage de Maléfique puisqu’elle n’hésite pas à insister sur la peur qu’elle génère, sans oublier ses transformations horribles et sa légendaire cruauté. De sorte qu’on aura tout de même du mal à confier l’album à un enfant même si, malgré tout, la sorcière a une part d’humanité fascinante et mystérieuse. L’ensemble est inventif, notamment grâce au graphisme de Lee. Son art visuel supplante le texte pour raconter tout en image des scènes fortes et bien découpées. Les couleurs sombres nous plongent sans ambiguïté dans le monde trouble de Maléfique ! Cerise sur le gâteau : nous avons le droit aux délicieuses covers de Jae Lee, qui illustre à lui seul toute l’ambiguïté de la méchante la plus populaire de chez Disney.