L'histoire :
Alors que José Kruger-Santos agonise, un scarabée semble également souffrir, les pattes à l’envers. Ça sent la fin mais un être étrange se rapproche. Il est d’un blanc métallique translucide et tout son corps qui brille tant le métal semble pur est posé sur une planche faite du même métal. Les yeux sans pupille de l’extraterrestre contemplent le soldat agonisant et même si l’iris est vide, le regard exprime la tristesse et la lassitude. Le Surfer d’Argent a déjà vécu cette scène des milliers de fois : une personne lui implorant son aide, tentant vainement de lui demander la vie sauve. Le Héraut de Galactus a beau avoir des mains d’un blanc immaculé, il sait qu’elles sont entachées de sang. Il sait aussi que sauver la vie d’un inconnu ne fera que retarder l’échéance. A quoi bon sauver une personne quand le Dévoreur des mondes engloutira sa planète en un instant ? Comment le Surfer peut-il arrêter ce cycle éternel ? Même son pouvoir cosmique ne pourra empêcher l’inévitable. Pourtant, il y a une autre chose que ne peut contrôler le Surfer : c’est son bon coeur. Il préfère intervenir et donner un petit répit à cet être qui est si proche de la mort. Il pourra à nouveau retrouver ceux qu’il aime et sa famille avant que le pire n’arrive un jour…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Presque 20 ans après le Requiem de J. M. Straczynski, voici à nouveau la mort du Surfer d’Argent, le personnage emblématique du cosmos créé par Stan Lee et Jack Kirby en 1966. Greg Pack invente une nouvelle menace plutôt classique mais bien menée et son idée principale fonctionne plutôt bien. Le début ultra poétique- et qui rappelle le poème de Rimbaud, Le dormeur du Val- ainsi que la présence de la charismatique Kelly Koh promettent un très beau récit mais l’orientation prise par la suite n’est pas vraiment du même acabit. Pack préfère suivre un modèle classique de comics avec des actions de plus en plus spectaculaires et des intrigues simples qui laissent place à des débauches d’énergie toujours plus fortes. A chercher à tout prix le grand spectacle, on peut aussi frôler le grand n’importe quoi et parfois, les rebondissements sont un peu trop gros. Cependant, l’ensemble se tient plutôt bien et on comprend que le scénariste a préféré inventer une mort plus digne du Surfer où il est en action dans une lutte épique plutôt que celle de Requiem. La vraie plus value de l’album réside dans le dessin magnifique de Sumit Kumar. L’artiste indien est vraiment à suivre tant son style est élégant et en même temps plein de détails et bourré de dynamisme. Du grand art ! Le Surfer sera-t-il vraiment mort cette fois-ci ?