L'histoire :
Fatalis reçoit le pire de ses espions en Latvérie : Velice Furve. Que va donc lui annoncer cet insupportable incapable ? Pourtant, une fois n’est pas coutume, il attire l’attention du grand souverain. En effet, il a eu vent d’un grand danger qui viendrait d’une femme mystérieuse. Fatalis n’a peur de personne et encore moins d’une femme. Furve lui explique qu’on l’appelle Sœur Souffrance et elle recherche des artefacts particuliers. A l’aide de sa bague, il projette une image d’un de ses artefacts : une dague de l’âme. Victor Von Fatalis sait exactement à quoi correspond cet artefact. Six Seigneurs des Ténèbres s’étaient réunis il y a longtemps en espérant obtenir le pouvoir suprême. Yangtso, maîtresse des arts mystiques, Khalil Ahmed, mage sélénite, Onyilogwu, mage noire chassée du Wakanda, Astreta Von Dire, enchanteresse de la Latvérie, Corack, du royaume sous-main des Atlantes et Lucifus, un Seigneur aux origines inconnues. Tous voulaient réunir toutes les connaissances qu’ils ont emmagasinées pendant des années sur chacune de leur spécialité. Trop occupés à travailler sur leur œuvre funeste, ils n’ont pas remarqué que Lucifus comptait les trahir. Derrière ce Seigneur, se cache un grand super-vilain…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
En 1976, les auteurs américains du moment, comme Stan Lee ou Buscema, publient un titre, Bring on the bad guys- une sorte d’anthologie qui présente les débuts de grands super-vilains Marvel. Marc Guggenheim reprend cette idée en 2025 et en fait cette fois une histoire unie malgré l’agglutination de grands super-vilains. En effet, assembler Dormammu, Crâne Rouge, le Bouffon Vert, Fatalis, Loki et Méphisto dans le même récit, c’était osé et on pouvait craindre une construction artificielle ou peu probante. Pourtant, il n’en est rien et ce, grâce à l’ajout d’un nouveau personnage : Sœur Souffrance, une sorte de mélange étonnant et redoutable entre Cléa et Hela. On sent la puissance du mal à chaque page, notamment à cause d’un plan machiavélique de Mephisto et l’enfer se déchaîne sur terre. Les face à face entre Sœur Souffrance et Loki ou Crâne Rouge sont des moments savoureux et le mélange de super-vilains s’accompagne également d’un patchwork hybride de plusieurs récits : on surfe dans la légende noire de Conan, dans les monstres inquiétants du mythe de Cthulhu, dans des références aux films Il est revenu et Halloween sans oublier, bien sûr, la réécriture géniale du pacte de Faust. Tout cela s’orchestre de belle manière et l’audace de faire des super-vilains les personnages principaux reste redoutable. Sans compter un déluge d’artistes qui s’éclatent à représenter le mal sous toutes ses formes avec quelques scènes choc. Seul le final pourra faire un peu tiquer par son côté un peu facile. Panini fait en plus un petit cadeau bien sympathique : un portfolio avec les couvertures marquantes de Lee Bermejo et Miguel Mercado. De quoi se damner aisément.