L'histoire :
Le seigneur Ozaki fuit les sbires d'Agat, un démon qui a pris le pouvoir. Accompagné de son fidèle samouraï, il ne relâche jamais son attention. Son vassal est redoutable le sabre à la main et il l'a sauvé à moult reprises. Si le démon Agat en veut autant à Ozaki, c'est parce que le seigneur s'est enfui avec la lame de sang, un sabre aux capacités mystérieuses. Alors qu'une fête est organisée pour l'arrivée d'Ozaki dans un château, le seigneur demande à son samouraï de le laisser seul un moment avec la belle danseuse qui souhaite lui procurer bien des plaisirs. L'instant d'après, un cri retentit. Agat avait pris l'apparence de la femme et vient de tuer Ozaki. Il n'a pas trouvé la lame et part en blessant le samouraï. Sans maître, il est désormais un ronin et quelques années plus tard, il se retrouve en face à face avec le démon. Pour en venir à bout, il sacrifie sans hésiter sa vie... Il reprend ses esprits dans un monde étrange, futuriste et post-apocalyptique...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Frank Miller est un artiste hors pair, un de ceux qui ont changé de manière notable la bande dessinée. Alors qu'il effectuait ses débuts avec des séries de super héros, le dessinateur a eu envie de créer son propre récit sans personnage ni univers connu. Ronin est donc apparu en plein boom de sa période Daredevil. Cette saga en six épisodes focalise autour de plusieurs protagonistes à l'importance plus ou moins grande. Il y a bien sûr ce bretteur sans maître, et Casey, une femme noire qui tient la plus grande place dans l'histoire. Frank Miller a beau exceller avec Daredevil, son récit est moins immédiat, moins flamboyant ici. La narration est rythmée mais on a du mal à rentrer dans cet univers un peu bancal. Miller a tout l'air d'avoir fait une sorte de melting pot de tout ce qu'il aime, au détriment d'un souffle épique. Il compense la faiblesse de son scénario par ce que l'on peut considérer comme les prémisses visuelles de ses prochains chefs d'œuvre comme Dark Knight Returns. La mise en page est innovante, très inspirée du cinéma. Certains partis pris esthétiques sont inédits à l'époque. Frank Miller montre l'impact sur son style qu'ont pu avoir Mœbius, de Goseki Kojima (Lone, Wolf and cub) ou tout simplement de Jack Kirby. Ronin est donc au final une lecture expérimentale qui vaut surtout pour les tentatives de narration visuelle proposée par l'auteur. Pour les fans.